
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré ce jeudi que tout compromis entre l’Ukraine et la Russie sur le contrôle des régions orientales devra être «juste» et validé soit par une «élection», soit par un «référendum».
Un appel au peuple pour clarifier la situation. Alors que les négociations autour d’un cessez-le-feu se poursuivent, Volodymyr Zelensky voit la pression des Etats-Unis s’intensifier.
Alors que Washington a proposé aux deux parties un plan de fin de conflit, le président ukrainien a considéré ce jeudi que le contrôle de la région orientale de Donetsk et le statut de la centrale nucléaire de Zaporijjia étaient les deux principaux points qui restaient «irrésolus» dans les négociations pour mettre fin à la guerre avec la Russie.
En effet, la Maison Blanche, désireuse de conclure un accord «le plus rapidement possible, a souhaité que Kiev se retire militairement de la région de Donetsk, pour mettre un terme à ce conflit. De son côté, Volodymyr Zelensky a indiqué que tout compromis entre son pays et la Russie sur le contrôle des régions orientales devra être «juste» et validé soit par «élection», soit «par un référendum en Ukraine». «Il doit y avoir une position émanant du peuple ukrainien», a-t-il ajouté.
Les régions de Donetsk sont contrôlées à plus de 80% par la Russie. Celles voisines de Lougansk, sont presque totalement sous son contrôle, sont l’objectif prioritaire du Kremlin en Ukraine. Moscou revendique depuis 2022 leur annexion, tout comme celle de deux autres régions du sud, celles de Kherson et Zaporijjia, que les forces russes occupent partiellement.
Une «zone économique libre»
Le président Volodymyr Zelensky a affirmé ce jeudi que les Etats-Unis proposaient le retrait de l’armée ukrainienne des territoires qu’elle contrôle encore dans la région orientale de Donetsk et la création d’une «zone économique libre» et démilitarisée à la place.
«Les Américains voient les forces ukrainiennes se retirer du territoire de la région de Donetsk, et le compromis supposé est que les forces russes ne pénètrent pas dans cette partie» de la région actuellement sous contrôle de Kiev, a-t-il déclaré aux journalistes.
«Qui gouvernerait ce territoire, que les Américains appellent déjà «zone économique libre» ou «zone démilitarisée», ils l’ignorent», a-t-il ajouté, affirmant que Washington proposait également un retrait des troupes russes présentes dans les régions ukrainiennes de Soumy, Kharkiv et Dnipropetrovsk, mais leur maintien dans celles de Kherson et Zaporijjia, dans le sud de l’Ukraine.
Le conflit se poursuit
La guerre entre les deux pays se poursuit. La Russie a indiqué jeudi avoir abattu plus de 300 drones ukrainiens, soit l’une des attaques les plus massives lancées par l’armée de Kiev en bientôt quatre ans d’offensive russe, qui a perturbé des centaines de vols dans les aéroports de Moscou.
Sur ces drones «interceptés et abattus» par la défense anti-aérienne russe, une quarantaine se dirigeait vers Moscou, selon le ministère russe de la Défense et le maire de la capitale, Sergueï Sobianine.
Cette annonce est intervenue alors que l’Ukraine a remis mercredi aux Etats-Unis sa version mise à jour du plan pour mettre fin à la guerre avec la Russie, selon de hauts responsables ukrainiens.
L’Ukraine subit des bombardements russes quasi-quotidiens qui frappent l’ensemble de son territoire depuis le début de l’assaut russe à grande échelle en février 2022, et ses aéroports restent fermés depuis bientôt quatre ans.
Jeudi, l’armée de l’air ukrainienne a fait état de 234 drones russes lancés contre l’Ukraine, notamment les régions de Poltava (centre-est) et d’Odessa (sud) et provoqué des incendies dans des installations énergétiques, très souvent prises pour cible.