Argent, cadeaux, voyages… Deux fonctionnaires du tribunal de Marseille mises en examen pour avoir consulté des fichiers au profit de la DZ Mafia

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By InfoHunter



Deux employées administratives du tribunal judiciaire de Marseille (Bouches-du-Rhône) ont été mises en examen le 5 décembre dernier. Elles sont soupçonnées d’avoir consulté et transmis illégalement des fichiers sensibles à des proches de la DZ Mafia.

Objectif : lutter contre la corruption qui tente d’infiltrer la justice. Vendredi 5 décembre dernier, deux adjointes administratives du tribunal judiciaire de Marseille ont été mises en examen à la cité phocéenne pour avoir consulté des fichiers et transmis des informations notamment à un proche du groupe criminel de la DZ Mafia, a appris CNEWS auprès du ministère public, confirmant une information du Monde

La première est âgée de 26 ans. La jeune femme est suspectée d’avoir consulté à plusieurs reprises durant plus de deux ans, soit entre janvier 2023 et juillet 2025, des fichiers dans le cadre de ses fonctions et d’avoir transmis les informations à son compagnon, impliqué dans des affaires de trafic de stupéfiants. 

De ce fait, elle a été mise en examen pour détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel et placée sous contrôle judiciaire, avec interdiction de se rendre au tribunal et de consulter les fichiers. 

La deuxième femme épinglée par la justice est âgée de 24 ans. Celle-ci est soupçonnée d’avoir une cinquantaine de reprises entre 2024 et 2025 des fichiers, notamment en lien avec des dossiers d’assassinats, et d’avoir divulgué des informations à son ex-petit ami, considéré comme un proche de la DZ Mafia. En échange, la vingtenaire est suspectée d’avoir reçu de l’argent, des cadeaux ou des voyages. 

Une corruption de «basse intensité»

De ce fait, elle a été placée sous le statut de témoin assisté pour corruption passive et association de malfaiteur et a été mise en examen pour détournement de la finalité d’un fichier de traitement de données à caractère personnel, violation du secret professionnel, révélation d’information sur une enquête ou une instruction pour un crime ou délit relevant de la criminalité organisée à une personne susceptible d’y être impliquée.

La jeune femme de 24 ans a été placée sous contrôle judiciaire avec l’interdiction d’exercer toute fonction au sein du ministère de la Justice, de l’Intérieur ou de la Défense tandis que son ex-petit ami, mis en examen des chefs de corruption active, de recel de fichiers et de recel de violation du secret de l’enquête et de l’instruction, a été placé sous contrôle judiciaire. 

Les décisions du juge des libertés étant contraires aux réquisitions du parquet, qui avait demandé le placement en détention provisoire des trois individus, le ministère public a fait appel. 

C’est la première affaire bouclée par la cellule anticorruption du parquet de Marseille depuis sa création en octobre 2025. Cette cellule, qui traite aujourd’hui 18 dossiers, est en effet destinée à endiguer la problématique de la corruption de «basse intensité» qui tente d’infiltrer la justice, les prisons, les douanes et menace aussi les élus. 

En avril 2025, une greffière du tribunal judiciaire de Marseille avait été écrouée, soupçonnée, ce qu’elle conteste en partie, d’avoir consulté des fichiers et transmis des informations à un trafiquant qui était alors son compagnon. Elle a depuis été libérée sous contrôle judiciaire.



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