Il est soupçonné d’avoir violé et tenté de tuer avec un tournevis une joggeuse de 25 ans en 2015. L’homme, âgé de 28 ans, a reconnu les faits pendant sa garde à vue.
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L’un des dossiers du pôle « cold cases » à Nanterre a connu une évolution majeure, dix ans après les faits, grâce à la généalogie génétique. « Un homme âgé de 28 ans a été placé en garde à vue dans le cadre d’une procédure criminelle non élucidée », a annoncé le parquet de Nanterre dans un communiqué mercredi 10 décembre. Cet homme, âgé de 17 ans au moment des faits, est soupçonné d’avoir violé puis tenté de tuer avec un tournevis une joggeuse de 25 ans, le 23 juin 2015, à Poitiers (Vienne).
Le suspect, toujours en garde à vue à Tours (Indre-et-Loire) mercredi en début de soirée, a reconnu les faits, a appris ICI Poitou auprès d’une source proche du dossier. Il a été arrêté dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en 2022 par le parquet du pôle national des crimes sériels ou non élucidés pour « tentative de meurtre, accompagnée ou suivie d’un autre crime et de viol ». Le prélèvement de son ADN pendant sa garde à vue a permis de confirmer qu’il s’agissait des mêmes empreintes génétiques retrouvées dix ans plus tôt sur les lieux du crime. L’individu a été identifié grâce à une recherche génétique faite aux Etats-Unis.
A l’époque des faits, en 2015, les analyses génétiques réalisées sur les objets et vêtements découverts sur les lieux avaient révélé « un ADN masculin, inconnu du fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) ». Courant juin 2025, la juge d’instruction a adressé une demande de comparaison des empreintes génétiques aux Etats-Unis, où la généalogie génétique est très répandue dans le cadre des enquêtes. « Les analyses réalisées par les autorités américaines révélaient des correspondances génétiques avec des individus susceptibles d’être apparentés à l’auteur des faits », précise le parquet de Nanterre dans son communiqué.
En octobre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin avait dit vouloir inscrire dans la loi la possibilité d’avoir recours à la généalogie génétique. Jusqu’ici interdite en France, la généalogie génétique permet d’accéder à une immense base de données d’ADN enregistrées par des sociétés privées. Fin 2022, Bruno L., surnommé le « prédateur des bois » pour avoir enlevé, emmené dans la forêt et violé cinq adolescentes entre 1998 et 2008, avait été arrêté grâce à cette technique avec l’appui du FBI, une première en France.