
Alors que les polémiques laissaient présager que la mesure entrerait en vigueur dès 2027, les thermostats connectés ne seront obligatoires qu’en 2030. Environ 27 millions de foyers restent à équiper.
Le gouvernement fait marche arrière. Les thermostats connectés ne seront finalement pas obligatoires pour 2027. «Pour laisser plus de souplesse aux ménages et aux professionnels», cette mesure est reportée à 2030.
Selon Bercy, ce report est intervenu il y a près d’un mois, et non en réaction aux critiques de diverses associations et politiques. «Le gouvernement n’a pas attendu les cris d’orfraie de Marine Le Pen pour agir», a assuré sur le réseau social Bluesky Roland Lescure, évoquant une annonce du Premier ministre à ce sujet lors du congrès des maires. En effet, le 20 novembre dernier, en clôture du Congrès de l’Association des maires de France, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’était exprimé sur le décret 2023-295 qui concerne les bâtiments tertiaires.
Jusqu’à 15% d’économies de chauffage
L’installation de thermostats programmables dans les bâtiments publics et privés, permettant un pilotage du chauffage pièce par pièce, figurait dans le plan sobriété lancé en 2022 en pleine crise énergétique. Ce matériel, dont environ 27 millions de foyers restent à équiper, permet jusqu’à 15% d’économies de chauffage, selon des données de l’Ademe publiées en 2022.
Pour installer un thermostat programmable, dont le prix varie de 60 à 250 euros, auxquels il faut ajouter un coût d’installation de 150 à 300 euros, les ménages peuvent toujours bénéficier d’une aide qui équivaut à 10-20 euros par radiateur. Tous les particuliers sont concernés par cette loi, mais c’est aux propriétaires de s’en occuper.
«Ce texte est une transposition stricte d’une directive européenne qui prévoit cette obligation. Ce décalage (de 2027 à 2030) vise à laisser plus de souplesse aux ménages et aux professionnels pour s’équiper», a expliqué Roland Lescure, toujours sur Bluesky, rappelant que ce dispositif «sert à mieux contrôler les dépenses de chauffage et donc améliorer le pouvoir d’achat et les prix de la facture des Français».