
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon s’apprête à rendre sa décision, ce jeudi 4 décembre, sur un éventuel renvoi en procès de l’affaire de la gendarme Myriam Sakhri retrouvée morte dans une caserne lyonnaise en 2011.
Une décision attendue. Ce jeudi 4 décembre, la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lyon s’apprête à rendre son arrêt sur une affaire remontant à 2011. Cette année-là, le 24 septembre, la gendarme Myriam Sakhri avait été retrouvée morte dans son appartement de fonction de la caserne de gendarmerie Delfosse.
Dans ce dossier, la justice doit se prononcer sur un éventuel renvoi en procès de l’affaire. Une audience à huis clos avait eu lieu le 9 octobre dernier. La raison ? La famille de la trentenaire est persuadée que la gendarme a été victime de harcèlement moral et de propos racistes, ce qui aurait poussé la militaire à mettre fin à ses jours.
«Myriam a subi un contexte de racisme qui est désormais établi et confirmé par des témoignages récents. Il ne s’agit pas du tout d’un fantasme des parties civiles. La justice doit réparer, elle doit aussi sanctionner des comportements qui portent atteinte à l’intérêt général», a déclaré à nos confrères du Monde l’avocat de la famille de Myriam Sakhri, Me Vincent Brengarth.
Le dossier a été rouvert début 2021. A l’époque, le parquet général avait requis la reprise d’une information judiciaire pour «harcèlement» et homicide involontaire», après de nouveaux témoignages produits par la famille de la gendarme, qui n’a jamais cru à la thèse officielle d’un suicide pour raisons personnelles.
Un rapport de l’IGGN contesté par la famille de Myriam Sakhri
Pour comprendre cette procédure, il faudra remonter jusqu’au 24 septembre 2011. Ce jour-là, le corps sans vie de Myriam Sakhri a été découvert dans son appartement. La victime était assise sur le canapé et une balle de 9 mm a été retrouvée dans son abdomen. L’arme de service de la gendarme se trouvait à ses pieds et aucune trace de lutte n’a été constatée. Par conséquent, l’enquête a conclu à la thèse du suicide. Néanmoins, aucune explication officielle n’a été donnée sur le passage à l’acte de Myriam Sakhri.
Dans son rapport, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) avait classé l’affaire pour «des raisons personnelles». Une décision qui n’a visiblement pas convaincu la famille de la victime, celle-ci ayant alors choisi de porter plainte, dès 2012, pointant un manque d’impartialité de l’enquête.
Toutefois, un non-lieu avait été prononcé en 2013 et confirmé en appel et en cassation les années suivantes. Mais le dossier a pris une nouvelle tournure en 2021 grâce aux témoignages de gendarmes et d’anciens gendarmes recueillis par une amie de la famille, Me Zineb Harzallah, comme l’indiquent nos confrères de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.
Au regard de ces nouveaux éléments, une information judiciaire avait été ouverte pour «harcèlement» et «homicide involontaire». Mais depuis, la justice n’a toujours pas tranché. Et la décision de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Lyon semble être importante. Prononcera-t-elle un non-lieu ou demandera-t-elle un supplément d’information ou une mise en examen ? Réponse ce jeudi.