Medias, le label qui fait polémique 

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By InfoHunter



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Temps de lecture : 5min – vidéo : 4min

La publication par l’Élysée d’une vidéo dénonçant des informations de CNews a déclenché une violente polémique avec le groupe Bolloré. Au cœur du conflit : un projet de label pour lutter contre la désinformation, accusé par certains d’ouvrir la voie à un contrôle politique des médias.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Le 1er décembre, l’Élysée a publié une vidéo où il met en garde contre de fausses informations relayées sur la chaîne CNews, où l’on entend Pascal Praud dire : « Emmanuel Macron envisage un label pour les médias » ou Philippe de Villiers scander : « Jamais menace totalitaire n’a été aussi présente« . Accusé de vouloir contrôler les médias, l’Élysée réplique en reprochant à CNews de diffuser des informations erronées. L’Œil du 20h a voulu démêler le vrai du faux.

Pour lutter contre la désinformation, l’Élysée défend un projet. Devant les lecteurs de la presse régionale, Emmanuel Macron explique : « On doit distinguer les réseaux et les sites qui font de l’argent avec de la pub personnalisée et les réseaux et les sites d’information. C’est pourquoi on va tout faire pour que soit mis en place un label. »

Un label de qualité pour la presse. D’abord passée inaperçue, l’idée est vivement contestée par les médias du groupe Bolloré depuis ce week-end, à la une du JDD et sur les plateaux de CNews. « Comment ne pas voir dans cette initiative une tentation autoritaire d’un président mécontent du traitement médiatique et qui souhaite imposer un récit unique ? », s’interroge Pascal Praud le 1er décembre sur CNews.

Pour l’Élysée, la polémique va trop loin. Le 1er décembre, la présidence publie une vidéo reprenant les propos exacts d’Emmanuel Macron. On l’entend déclarer : « Ce n’est pas l’État qui doit vérifier. Si c’est l’État qui doit vérifier, là ça devient une dictature. » S’en prendre directement aux médias du groupe Bolloré l’entourage du président assume la démarche :« Ceci étant viral, la diffusion forte sur les réseaux sociaux est grave. La mise en cause du président comme garant des libertés fondamentales, une réponse s’imposait. D’où le démenti qui aurait été fait quel que soit le média « .

Contactée, la direction de CNews ne souhaite pas réagir. Pascal Praud renvoie à ses éditos du jour, dans lesquels il affirme : « S’il pouvait fermer notre chaîne, il le ferait. Il fera tout, peut-être, il tentera tout, peut-être, pour la fermer. » Mais loin d’éteindre l’incendie, la contre-attaque de l’Élysée l’attise. Marine Le Pen dénonce sur RMC : « Cette idée de labellisation est évidemment extrêmement dangereuse. Et l’objectif d’Emmanuel Macron, c’est de maîtriser l’information. »

Bruno Retailleau, président des Républicains, lance même une pétition le matin du 2 décembre. Elle comptait 30 000 signatures à 18 h. « Si demain on a une sorte de monopole officiel de la vérité à travers une labellisation, ce sera pour beaucoup de Français une raison de s’en détourner » explique-t-il.

Le 2 décembre, la ministre de la Culture tente de clore la polémique : « Jamais le président de la République ou le gouvernement n’ont émis l’idée d’une labellisation des médias par l’État. Jamais » déclare Rachida Dati dans l’hémicycle.

En réalité, Emmanuel Macron évoquait un label déjà existant, géré par un organisme indépendant : l’Initiative pour la confiance dans le journalisme (JTI). Les médias qui souhaitent cette certification répondent à 130 questions. Reporter Sans Frontières a participé à son élaboration. Thibaut Bruttin, directeur général adjoint, précise :  » Ce sont des questions sur qui vous êtes en tant que média, qui vous possède, quels sont vos effectifs, quels sont vos revenus, mais aussi sur la façon dont vous travaillez : existe-t-il un mécanisme de correction, un mécanisme de vérification ? Ce sont des exigences basiques, communes à beaucoup d’autres secteurs. Je pense que c’est intéressant que la presse s’engage dans cette démarche de transparence. »

À ce jour, 2 400 médias dans le monde ont candidaté au label. En France, l’ont déjà obtenu : TF1, France Télévisions et plusieurs journaux de la presse régionale.





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