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Lundi 1er décembre, Louis Aliot était l’invité de « Tout est politique » sur franceinfo. Le maire RN de Perpignan (Pyrénées-Orientales) est notamment revenu sur les récentes agressions de Jordan Bardella, mais également sur la situation économique et a fait le point sur le budget.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Sonia Chironi : Louis Aliot, votre président Jordan Bardella a été agressé à deux reprises en une semaine. Il a été enfariné la semaine dernière par un lycéen, et ce week-end il a été visé par un jet d’œuf lors d’une séance de dédicace de son dernier livre. Est-ce qu’il est suffisamment protégé, Jordan Bardella, aujourd’hui ?
Louis Aliot : Il a la protection de la police, plus son garde du corps personnel. Donc faire plus que cela… Ce n’est pas juste un jet d’œuf, c’est quand même un coup sur la tête avec un œuf dans la main, ce qui n’est pas pareil. Il aurait pu avoir une arme quelconque ou une boule de pétanque. Il faut quand même regarder aujourd’hui, avec j’espère des yeux critiques, une violence en politique qui peut très vite déraper. Il faut, en tout cas pour l’avenir, s’inquiéter de cela et tenter de ramener tout le monde à des valeurs justes en la matière.
En attendant, qu’est-ce que vous demandez au ministère de l’Intérieur ? De renforcer les moyens de sécurité qui sont mis en place ?
Je ne suis pas un spécialiste de la sécurité, mais je pense que c’est ce que vont faire, que les policiers qui l’entourent seront beaucoup plus vigilants. Parce que quand vous êtes en pleine dédicace ou que vous vous promenez dans la rue, c’est effectivement là où vous êtes le plus vulnérable sur ce genre de comportement. Mais j’espère évidemment qu’à l’avenir, on évitera ce genre de choses.
La discussion budgétaire se poursuit, toujours dans une certaine confusion. Les socialistes ont été reçus aujourd’hui par le Premier ministre. Ils ont jugé qu’un compromis était à portée de main. Si un budget parvenait à être voté avant Noël, est-ce que vous dites que ça sera une bonne chose malgré tout pour la France ?
Voté ou pas voté, il y aura un budget. La question, c’est dans quelle mesure il sera pris par ordonnance. On peut imaginer un 49.3.
Nathalie Saint-Cricq : Sébastien Lecornu l’a re-exclu aujourd’hui.
On n’en sait rien, c’est très confus, mais il y aura un budget. Il ne faut pas faire croire aux gens qu’il n’y aura pas de budget. Maintenant, il s’agit de regarder les compromis qui sont faits par M. Lecornu avec la gauche pour savoir à quelle sauce vont être mangés par les Français.
Nous n’avons pas totalement compris la ligne économique du Rassemblement national. Vous avez parfois voté avec la gauche, notamment pour tout ce qui concernait les grandes entreprises. D’un autre côté, on entend Jordan Bardella être beaucoup plus sur une ligne MEDEF-compatible, c’est-à-dire considérer que le libéralisme est plutôt une nécessité si on veut la prospérité économique. Alors, vous êtes à gauche ou à droite ?
Un peu des deux. La droite a fait une politique dont on a vu les résultats, et la gauche a fait la même chose et on a vu le résultat. Il ne faut pas se fier à ce qu’ont fait les autres, car c’est un échec. Il faut regarder ce que l’on pourrait faire pour l’avenir. Pour répondre à votre question, je pense que notre philosophie est assez simple. C’est d’abord, le pouvoir d’achat et donc l’aide à ceux qui en ont le moins. Ensuite, on n’est pas obligés systématiquement de mettre en accusation, comme on le fait tout le temps, les plus riches. On confond quelquefois les plus riches avec des entreprises et nous nous sommes plutôt pour la défense des entreprises. Dans ces entreprises-là, bien souvent, on parle des grandes entreprises. Mais il faudrait aussi regarder les petites entreprises. 90 % des emplois, ce sont les petites entreprises de commerçants, artisans, qui les créent. De ceux-là, on n’en parle pratiquement jamais, et c’est bien le problème aujourd’hui du débat budgétaire français.
Est-ce que vous considérez qu’il y a une injustice de revenus et de patrimoine qui fait qu’on devrait taper un peu plus en haut de la pyramide ?
Je pense qu’en haut de la pyramide, il y a des gens qui sont prêts à payer plus, pour peu qu’on décide de l’utilisation de ces deniers publics dans des politiques qui ne soient pas des politiques de gaspillage ou de mauvaise politique.
Vous n’êtes pas contre l’idée de rétablir, de créer un impôt supplémentaire. Vous ne dites pas qu’il y en a un ras-le-bol fiscal en France ?
Il y a un ras-le-bol fiscal de toute façon. Par exemple, vous pouvez remplacer l’impôt sur la fortune par un autre impôt qui ne taxe pas l’outil de travail. On n’est pas obligés systématiquement de mélanger, dans la richesse, l’outil de production avec ce qui relève du patrimoine particulier.
Sonia Chironi: Donc vous êtes plutôt centre-gauche, si on essaie de vous situer au sein du Rassemblement national. Vous êtes aujourd’hui plus proche de la ligne Marine Le Pen que de celle de Jordan Bardella.
Je pense qu’il faut être équilibrés et vous prêtez à Jordan Bardella ce qu’à mon avis, il ne pense pas, pour bien le connaître. Il est un peu comme je le suis et comme l’est le Rassemblement national, le défenseur des petits, et notamment, je le répète, des artisans, commerçants. C’est eux qui font l’emploi et c’est en partie eux qui font la richesse de nos territoires.
Les petits contre les gros, c’est toujours un des mots d’ordre au Rassemblement national ?
Oui. De toute façon, il n’y a aucune raison de se priver et on voit bien aujourd’hui que certains profitent du système et que dans ces profits-là, il y aurait matière, je pense, à les utiliser mieux à l’avenir.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.