
Une nouvelle votation populaire est organisée ce dimanche en Suisse. Une journée au cours de laquelle les électeurs sont notamment amenés à se prononcer vers un remplacement, ou non, du service militaire par un service civique.
Ils sont apelés aux urnes. Les Suisses votent dimanche 30 novembre pour remplacer ou non le service militaire par un service civique obligatoire pour tous, sans distinction de sexe, dans l’armée ou dans un rôle civil. Ils se prononcent aussi sur une taxe climatique fédérale sur l’héritage des plus riches.
Le gouvernement et le Parlement ont exhorté les électeurs à rejeter les deux propositions. Si l’on en croit les sondages locaux, les deux initiatives devraient échouer. Mais elles ont suscité de vifs débats, notamment sur la place des femmes dans la société, alors que seuls les hommes font le service militaire.
«Contribuer au bien-être de la collectivité»
Dans le système démocratique suisse, 100.000 signatures suffisent pour soumettre n’importe quelle question à la «votation populaire». Les Suisses sont ainsi consultés à intervalles réguliers sur un large éventail de sujets. Les bureaux de vote ont ouvert quelques heures avant de fermer à midi mais la plupart des bulletins étaient transmis à l’avance.
L’initiative vise une «véritable égalité» selon Noémie Roten, présidente du comité prônant ce changement. Elle estime que le système actuel est discriminatoire, car il exclut les femmes des réseaux et expériences acquis lors du service. «L’idée, c’est que chaque jeune contribue au bien-être de la collectivité d’une manière ou d’une autre», poursuit-elle.
En outre, dans un contexte de tensions géopolitiques en Europe, Mme Roten estime qu’il est temps d’accorder aux femmes une place égale dans un projet collectif de protection.
Cyrielle Huguenot, responsable égalité, famille et migration à l’Union syndicale suisse (USS), juge que l’initiative «occulte la réalité des femmes dans ce pays». Selon elle, les Suissesses consacrent déjà 60% de leur temps à des tâches non rémunérées, au contraire des hommes. «En leur demandant un service non payé, on augmente encore plus ce déséquilibre», assure-t-elle.
Un impôt qui fait peur
La deuxième proposition soumise au vote, appelée «Initiative pour l’avenir», souhaite instaurer une nouvelle taxe climatique sur les gros héritages. Présenté par la Jeunesse socialiste suisse, le texte prévoit de taxer à 50% les successions supérieures à 50 millions de francs suisses (53,5 millions d’euros), ce qui concernerait environ 2.500 foyers.
Selon le groupe, cette taxe rapporterait six milliards de francs suisses par an au profit de la transition écologique. Le slogan de la campagne : «Taxons les ultra-riches, sauvons le climat !».
Mais d’après un sondage local, 75% des électeurs sont contre cet impôt. La crainte des Suisses est d’une part de perdre le statut de paradis fiscal du pays, et d’autre part de voir des PME poussées à l’expropriation.
En 2015, une initiative similaire avait proposé un impôt de 20% sur les successions supérieures à 2 millions de francs suisses, qui avait été rejetée à 71%.