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Samedi 29 novembre, le journal de 13 heures vous emmène au cœur d’un paysage de forêt scandinave en apparence sauvage et paisible. Mais au milieu des arbres, d’étranges ruines d’acier trônent : ce sont des centaines de carcasses de voitures échouées depuis des décennies.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Au cœur de l’immense forêt suédoise se dresse un étrange cimetière aux airs d’apocalypse. Des centaines de voitures sont englouties par la nature scandinave. Un décor mystérieux devenu le rendez-vous de photographes du monde entier.
Tom Olsen est un photographe norvégien et vient régulièrement immortaliser ces carcasses. Des carcasses de voitures américaines, italiennes, françaises, allemandes : les unes datent des années 40, d’autres des années 60, 70. « La nature reprend dessus », constate le photographe. Chaque saison, chaque variation de lumière donne à ces vieilles reliques une personnalité différente. « La nature et la tôle peuvent vivre ensemble. Je pense que la nature gagne toujours à la fin. Et tant que la lutte continue, j’en profite jusqu’à la dernière minute », poursuit Tom Olsen.
L’histoire de cette casse, c’est Tomas, le propriétaire des lieux, qui la raconte. Dans les années 50, son père importait des voitures endommagées du monde entier. Objectif : les revendre en pièces détachées aux Norvégiens qui, à l’époque, n’avaient pas le droit d’acheter des voitures étrangères. La frontière avec la Norvège est à un kilomètre.
Avec le temps, Tomas est devenu un expert en épaves et il a un avis sur les voitures françaises comparées aux allemandes. « Je suis désolé de le dire, mais toutes les voitures françaises ont perdu leur chrome. Désolé, mais les Françaises ne sont pas de bonne qualité », observe Tomas Ivansson, propriétaire de la casse automobile à Båstnäs (Suède).
Aujourd’hui, le cimetière est entretenu par Gunnar Henriksson. Il connaît tous les secrets de chaque voiture. « Il y a plein de nids d’oiseaux cachés dans les voitures. Les oiseaux ici sont très nombreux », indique-t-il.
Gunnar est d’autant plus concerné par le site qu’il collectionne les vieilles américaines. Et il a acheté quelques carcasses aux propriétaires, qu’il a rapportées dans son atelier. « Je l’ai achetée 150 euros et j’ai mis 45 ans à la restaurer. Il manquait le moteur, les transmissions, les freins », expose Gunnar Henriksson, membre Tocksfors Car Club.
Celles qui restent dans la forêt ne sont plus à vendre. Elles y finiront leurs jours. Ce n’est pas idéal pour l’environnement, même si les propriétaires assurent, prélèvement à l’appui, que les sols ne sont pas pollués.