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Dans le quartier sensible de Saint-Mauront à Marseille (Bouches-du-Rhône), où sont installés les locaux d’Orange, les actes de violences seraient de plus en plus fréquents. À tel point que l’entreprise a annoncé la fermeture de son site jusqu’à la mi-décembre.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Une flèche blanche indique un point de deal tout proche, ouvert 24 heures sur 24. Un tag sur la clôture du site d’Orange témoigne du climat dans lequel viennent travailler les salariés. Ces derniers jours, ils ont même dû être confinés à plusieurs reprises. Des actes de violence se seraient multipliés dans la rue, d’après Luc Bresson, représentant du personnel : « Hier, c’étaient des tirs. Avant-hier, une personne a été attaquée. Blessée, elle a couru vers le parking. Et le jour précédent, des gangs qui étaient près du métro se bastonnaient, donc on nous a demandé de ne pas sortir ».
En réaction, la direction d’Orange a fermé son site par précaution jusqu’à la mi-décembre, mettant la plupart de ses 1 000 salariés en télétravail. Ces locaux sont au cœur du quartier sensible de Saint-Mauront, l’un des plus pauvres de Marseille (Bouches-du-Rhône), situé entre le Vieux-Port et les quartiers nord. Ici, les trafics de stupéfiants et de cigarettes génèrent une violence régulière. Dans une vidéo amateur d’il y a trois ans, un homme agresse le conducteur d’une voiture armé d’une machette. Une scène glaçante qui s’est déroulée juste en face du site d’Orange.
Ce vendredi matin, la décision de l’entreprise de fermer temporairement n’a pas surpris les habitants. « Ça fait cinq ans que je suis ici. Il y a l’insécurité dans le 3e arrondissement », affirme un riverain. « Je peux comprendre que pour les gens extérieurs au quartier, qui ne connaissent pas cet environnement-là, ça puisse choquer et que des entreprises comme Orange cherchent à sécuriser leurs employés », estime un autre.
La police a-t-elle tardé à réagir ? D’après la préfète déléguée, aucune plainte n’a émané de l’entreprise. Seule une bagarre de rue a été signalée. « Nous avons eu certes effectivement une rixe, pas une rixe entre bandes sur trafic de stupéfiants, mais bien parce qu’il y avait eu un vol de trottinette. Nous avons la CRS autoroutière qui a pu interpeller et mettre en garde à vue cette personne », a ainsi souligné Corinne Simon. Pour contrer le sentiment d’insécurité des salariés d’Orange et des habitants du quartier, les patrouilles de police ont été renforcées depuis hier autour de l’entreprise.