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Ancien journaliste sur LCI, aujourd’hui porte-parole du Rassemblement national, vice-président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, Philippe Ballard répondait aux questions de Tristan Waleckx après la diffusion d’un numéro de « Complément d’enquête » consacré aux méthodes de la chaîne CNews, le 27 novembre 2025.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Tristan Waleckx : Philippe Ballard, bonsoir. Vous êtes ancien journaliste à LCI, aujourd’hui député Rassemblement national, vice-président de la commission d’enquête qui vient de s’ouvrir sur l’audiovisuel public. Merci beaucoup de vous être rendu disponible en catastrophe puisque normalement, c’est une habituée des plateaux de CNews, Elisabeth Lévy, qui devait être dans nos fauteuils rouges, mais elle nous a appelés au dernier moment pour dire qu’elle avait reçu des coups de pression de Pascal Praud et de la direction de CNews. Pour une chaîne qui se dit tout comme vous, attachée à la liberté d’expression, ce n’est pas terrible d’interdire à ses visages de venir porter la contradiction, non ?
Philippe Ballard, porte-parole du RN, vice-président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public : Il faut leur poser la question. Moi, je suis porte-parole du Rassemblement national. J’aime bien le débat, j’aime bien la confrontation. Vous le rappeliez, j’ai été journaliste quarante ans, et pas que sur la chaîne dont vous avez parlé, mais sur de belles radios.
On a demandé au total à une vingtaine de personnalités de CNews. Normalement, ce sont des gens qui expliquent qu’ils aiment bien le débat, qu’ils sont interdits d’antenne sur le service public. Et pourtant, ils ne viennent pas s’expliquer quand on a des chiffres et des faits à leur opposer…
Encore une fois, il faut leur poser la question. Moi, j’ai répondu favorablement parce que j’aime bien m’expliquer sur mon ancien métier, en plus pendant longtemps sur une chaîne d’information en continu.
Et puis on est ravis de vous recevoir, puisque vous avez effectivement plusieurs légitimités et plein de choses à nous dire. Est-ce que vous diriez, comme l’a déjà affirmé l’ancien garde des Sceaux, Éric Dupont-Moretti, que CNews est « la première chaîne de désinformation en continu de France » ?
J’ai regardé le sujet que l’on vient de voir, j’ai remarqué par exemple deux fake news, comme on dit en très mauvais français, ou par omission. Vous parlez des kebabs dans l’Oise, c’est mon département, en plus. Ce que vous omettez de préciser, c’est quand même…
…qu’il y a une stabilité du nombre de kebabs, contrairement à ce que dit CNews ?
Je n’ai pas de chiffres, je n’ai rien à dire là-dessus parce que je n’ai pas vérifié. Mais demandez aux policiers, aux gendarmes, c’est la première lessiveuse pour blanchir de l’argent de la drogue, il faut quand même le préciser.
Est-ce que c’est une raison pour dire qu’il y a une explosion des kebabs alors que scientifiquement, c’est faux ?
Non, mais il faut quand même regarder ce qu’il y a derrière les kebabs, et aussi les coiffeurs qui se mettent en place. Après, sur le lien entre l’immigration et la sécurité, au Rassemblement national, oui, nous, on le fait. Moi, je me réfère à la préfecture de police de Paris, où bon an mal an, c’est entre 35 et 45 % des mis en cause qui sont étrangers.
Mais ça dépend comment on présente ces chiffres, il y a une différence entre causalité et corrélation. Ce n’est pas parce qu’on a plus de la moitié des gens qui meurent à l’hôpital que l’hôpital est dangereux.
La moitié des mis en cause sont étrangers, quand même. On peut s’interroger sur le pourquoi du comment…
Il y a des études scientifiques. Le CEPI, Centre d’études prospectives et d’informations, ce sont des économistes qui ont fait une compilation de toutes les études qui existent sur le sujet, et qui concluent unanimement à l’absence d’impact de l’immigration sur la délinquance. C’est la différence entre le ressenti, le doigt mouillé, et la science.
Mais il n’y a pas le ressenti et le doigt mouillé, 25 % des détenus français, chiffres du ministère de la Justice, sont étrangers. D’accord ? Il n’y a pas 25 % d’étrangers en France.
Oui, parce qu’il y a tout un tas de facteurs, il y a tout un tas de biais qui sont corrigés par les économistes et qui effectivement concluent unanimement à l’absence d’impact de l’immigration sur la violence. Ou alors on ne croit plus à la science, on ne croit plus aux études…
Ce texte correspond à une partie de l’interview diffusée dans « Complément d’enquête » le 27 novembre 2025, à la suite de « Des infos ou désinfo ? La méthode CNews« . Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.