
L’apparition d’un brouillard régulier sur le front russo-ukrainien en ce mois de novembre revêt d’importantes conséquences pour l’armée de Kiev. Cela rend notamment impossible l’utilisation de drones, outil stratégique essentiel pour les troupes ukrainiennes.
Une météo défavorable aux soldats ukrainiens. Dans l’est de l’Europe, l’automne est marqué par un épais brouillard, qui rend la visibilité terrestre et aérienne délicate. Un détail qui pourrait avoir des conséquences importantes sur la progression russe sur le champ de bataille, comme le révèle Forbes.
Comme l’écrit le Center for European Policy Analysis, «l’émergence de la guerre par drones est une caractéristique déterminante des conflits du XXIe siècle». Ce n’est donc pas un secret sur le champ de bataille ukrainien, depuis le début de la guerre entre le pays et la Russie, l’utilisation de drones FPV joue un rôle essentiel.
«Dans ce brouillard, les Russes traversent des champs complètement ouverts»
Plus que les frappes destructrices que peuvent produire ces engins, c’est leur aspect stratégique qui permet aux Ukrainiens d’anticiper les mouvements des soldats russes et ainsi concentrer leurs forces à certains lieux clés. Mais avec les fines gouttelettes d’eau retenues en suspension dans l’air sur le front, la visibilité des deux côtés de la ligne de combat est altérée. Une aubaine pour les Russes.
«Dans ce brouillard, les Russes ne bougent pas comme d’habitude. Ils traversent des champs complètement ouverts et apparaissent soudainement 8 à 10 km de notre côté, à l’arrière», a expliqué le commandant d’unité ukrainienne Anatolii Tkachenko au média américain.
Un avantage d’autant plus prépondérant que les troupes de Volodymyr Zelensky sont en infériorité numérique sur le terrain. En effet, la Russie dispose de 1.320.000 de soldats, contre 900.000 pour l’Ukraine, selon les chiffres de Statista. De même, le pays de Vladimir Poutine tient un avantage en matière de forces de réserve, avec 2 millions contre 1,2 millions d’hommes et d’unités paramilitaires, avec 250.000 contre 100.000 hommes.
Progression, ravitaillement, évacuation des blessés : le brouillard joue un rôle clé
Un manque de ressource humaine compensée par la technologie des drones, comme s’en réjouissait l’avocate ukrainienne Maria Berlinska, dans les colonnes du Financial Times. Elle expliquait que cette couverture aérienne permettait de pallier les nombreux kilomètres de front où seuls quatre à sept hommes étaient déployés.
Sans eux, non seulement les Russes peuvent réaliser des incursions plus nombreuses, mais ils ont également plus de largesse pour se ravitailler ainsi qu’évacuer leurs blessés sans risque de riposte ennemie.
De son côté, l’opérateur de drone ukrainien Dmytro Zhluktenko alertait quant au manque d’hommes dont souffre le pays : «Il n’y a pas assez d’infanterie, et dans notre secteur on a même eu des cas où les pilotes de drones se retrouvent dans des combats armés et directs. Évidemment, ça les empêche de faire leur travail de drone efficacement : ils sont obligés de penser à rester en vie plutôt qu’à voler».