
Trois agents de la Brigade de tranquillité urbaine (BTU) de la ville de Brest ont été condamnés lundi à dix-huit mois de prison avec sursis pour avoir agressé une personne sans domicile fixe avec du gaz lacrymogène, le 30 juin dernier.
«On a déconné mais on n’avait aucune mauvaise intention». Ces mots sont ceux de trois agents de la Brigade de tranquillité urbaine (BTU) de la ville de Brest. Lundi 24 novembre, les trois hommes ont été condamnés à dix-huit mois de prison avec sursis pour avoir agressé une personne sans domicile fixe.
Les faits se sont déroulés le 30 juin dernier en plein cœur du centre-ville de Brest. Alors qu’ils intervenaient à l’entrée du squat occupé par la victime, les trois agents l’ont aspergée de gaz lacrymogène.
Soupçonnés d’avoir voulu monter une «expédition punitive» contre le sans-abri, les agents ont expliqué à la barre qu’ils étaient à la recherche du chien de la victime, dans le cadre de leurs missions «sur la maltraitance animale».
La tension est montée d’un cran lorsque l’un des trois fonctionnaires a aperçu le maître du chien «menaçant et armé d’une barre de fer». C’est à ce moment qu’il dit avoir fait usage du gaz lacrymogène pour protéger son collègue.
Un manque de formation
Seule grande ville française dépourvue de police municipale, la municipalité socialiste de Brest a lancé en novembre 2022 cette brigade de tranquillité urbaine aux pouvoirs très limités.
Un «métier extrêmement difficile et très peu gratifiant», a dénoncé l’avocat d’un des prévenus, Me François Buffeteau.
«Ils ont été confrontés au quotidien à de la violence, à des personnes alcoolisées», a plaidé l’avocat, soulignant «l’usure, la fatigue psychologique» ayant pu conduire à la réalisation des faits.
A l’audience, les prévenus ont également insisté sur leur manque criant de formation. «Nous avons fait six mois de terrain avec zéro jour de formation», a fait valoir l’un d’entre eux.
Les agents devront verser solidairement 1.000 euros à Brest métropole et 400 euros à la victime.