
Alors qu’un nouveau service national universel se prépare, Emmanuel Macron a tenu à clarifier l’objectif d’une telle mesure : selon lui, il n’est pas question d’envoyer les jeunes Français sur le front russo-ukrainien.
Désirant «supprimer toute idée confuse» sur la transformation prochaine du service national universel, Emmanuel Macron a assuré ce mardi 25 novembre qu’il n’était pas question d’«envoyer nos jeunes en Ukraine». «Ce n’est pas du tout le sens de cette affaire», a-t-il ajouté.
Invité sur RTL, le président de la République a notamment été interrogé sur les propos du chef d’état-major des Armées, le général Fabien Mandon, qui avait provoqué un coup de tonnerre le 18 novembre dernier au congrès des maires de France, en déclarant que le pays devait restaurer sa «force d’âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l’on est» et être prêt à «accepter de perdre ses enfants».
Les propos de Fabien Mandon déformés
«Son propos a été déformé» et «sorti de son contexte», a affirmé le président de la République. «Il y a, pour tout soldat de la Nation, un pacte, et le soldat qui s’engage fait ce sacrifice. Mais il ne faut pas expliquer à tous les Français qu’on va les sacrifier, ça n’a aucun sens».
DOCUMENT RTL / M6 INFO – « Accepter de perdre nos enfants » : « Son propos a été déformé, il a été sorti de son contexte (….) Il ne faut pas expliquer à tous les Français qu’on va les sacrifier, ça n’a aucun sens »@EmmanuelMacron avec @ThomasDespre dans #RTLMatinpic.twitter.com/cvR2cHNo8o
— RTL France (@RTLFrance) November 25, 2025
Au sujet de la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron a appelé à ne pas être «faible» face à une Russie qui a «une posture beaucoup plus agressive». Ce mardi matin, l’Ukraine comme la Russie ont fait état de frappes aériennes «massives» sur leurs territoires au cours de la nuit. Au moins trois morts ont été dénombrés dans la région russe de Rostov, tandis que les services de secours ukrainiens ont recensé six personnes tuées et au moins autant de blessés à Kiev.
«Si nous voulons nous protéger, nous Français, ce qui est ma seule obsession, nous devons montrer que nous ne sommes pas faibles avec la puissance qui nous menace le plus», a développé Emmanuel Macron.
Répondre à l’«envie d’engagement»
«Au moment où la guerre s’hybride, il est très important qu’un maximum de nos compatriotes comprennent ce que sont nos armées, comment ça marche, participent à la réserve […] et que nous raffermissions en quelque sorte la Nation», a expliqué le chef de l’Etat.
Selon lui, la transformation du service national universel fait partie de plusieurs initiatives censées participer à ce renforcement du «pacte armée-Nation». Sans donner davantage de précisions pour l’heure, il a décrit ce service militaire comme un «nouveau cadre pour servir au sein de nos armées», qui doit répondre à l’«envie d’engagement» de la jeunesse.
La nouvelle forme du service national sera présentée jeudi, lors d’un déplacement du président de la République sur le site de l’armée de terre à Varces (Isère), au sein de la 27e Brigade d’infanterie de montagne.
Selon des informations concordantes, il faut s’attendre à l’instauration d’un service militaire volontaire. Auprès de l’AFP, une source ayant connaissance du dossier a estimé que sa mise en œuvre devrait commencer modestement, avec 2.000 à 3.000 personnes la première année, avant une «montée en puissance» avec un objectif à terme de 50.000 par an.
Cette mobilisation sur la base du volontariat pourrait durer dix mois et être rémunérée à hauteur de plusieurs centaines d’euros. Pour rappel, le service militaire a été obligatoire en France pendant près de deux siècles jusqu’à sa suppression en 1997 par le président Jacques Chirac pour laisser place à une armée de métier.