
La cour d’appel de Paris a confirmé la tenue du procès devant les assises pour l’attentat de la rue des Rosiers, malgré les recours déposés par les accusés. Une décision qui relance un dossier vieux de plus de quarante ans.
Nouvelle étape dans le long parcours judiciaire de l’attentat antisémite de la rue des Rosiers, à Paris. Quarante-trois ans après les faits, la cour d’appel a validé la tenue du procès devant les assises spéciales.
Cette confirmation marque une nouvelle avancée dans une procédure déjà ancienne. La juridiction parisienne a définitivement validé l’organisation du procès, refermant la porte aux dernières tentatives de blocage des mis en cause.
des décennies d’enquête
Fin juillet, des juges d’instruction antiterroristes ont ordonné un procès devant la cour d’assises spéciale contre six hommes suspectés d’être impliqués dans cet attentat, qui avait fait six morts rue des Rosiers à Paris en 1982, dont Abou Zayed, principal suspect entre les mains de la justice, 67 ans aujourd’hui.
Outre ce Norvégien d’origine palestinienne, considéré comme l’un des tireurs et détenu en France depuis 2020, un autre mis en examen, Hazza Taha, né en Cisjordanie, 65 ans aujourd’hui, est soupçonné d’avoir caché des armes à l’époque. Tous deux sont à l’origine de l’appel.
«Nous avons demandé à la cour un dernier acte d’enquête : aller en Syrie pour y trouver la preuve de l’innocence d’Abou Zayed et clore ainsi 43 ans d’enquête en France», a résumé à l’AFP son avocat Me Romain Ruiz, saisi du dossier avec Mes Bruno Gendrin et Raphaël Kempf.
«Le refuser reviendrait à vendre à nos concitoyens une enquête qui n’aura jamais mis les pieds au Proche-Orient et prouverait que la vérité n’intéresse pas la justice antiterroriste», prévient encore la défense d’Abou Zayed.
6 morts et 22 blessés en 1982
L’attentat a été attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d’Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Or, le groupe Abou Nidal a un temps trouvé refuge en Syrie et la défense d’Abou Zayed avance que des documents dans ce pays permettraient de disculper leur client, qui admet son appartenance passée à ce groupe mais dément en avoir été cadre et réfute les faits dont on l’accuse.
Pour rappel, le 9 août 1982, six personnes ont été tuées et 22 blessées dans le quartier juif du Marais à Paris, dans l’explosion d’une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg puis dans une fusillade perpétrée par un commando de trois à cinq hommes.