malgré le tollé, la permission de sortie du narcotrafiquant maintenue ce lundi

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By InfoHunter



Ouaihid Ben Faiza, un détenu du nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) a obtenu une permission de sortie afin de passer un entretien d’embauche ce lundi. Une décision qui fait grincer des dents.

«Une décision totalement déconnectée des exigences», selon le syndicat UFAP UNSa Justice. Un détenu du nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) a obtenu une permission de sortie pour rencontrer un potentiel futur employeur ce lundi 24 novembre. 

Il s’agit de Ouaihid Ben Faïza, 52 ans, membre important d’un vaste réseau de trafic de drogue de Seine-Saint-Denis, et libérable en 2029. Mais il cherche à obtenir une remise en liberté conditionnelle et tente donc, pour ce faire, de trouver un employeur.

«On ne peut pas imposer un régime ultrarenforcé, dire publiquement qu’on y incarcère les plus grands narcotrafiquants du pays et voir s’appliquer des décisions qui contredisent cet ensemble frontalement», a réagi UFAP UNSa Justice dans un communiqué.

«Cette permission n’est pas simplement incompréhensible : elle décrédibilise le régime QLCO et expose au grand jour l’absurdité d’un système qui ne sait plus ce qu’il veut», peut-on également lire.

Voulus par le ministre de la Justice Gérald Darmanin pour accueillir les principaux narcotrafiquants, les QLCO visent notamment à les empêcher de communiquer avec l’extérieur, pour éviter qu’ils continuent de gérer leurs trafics depuis leurs cellules. Les extractions de ces quartiers spéciaux sont donc censées être très limitées, pour éviter au maximum les transports et donc les risques d’évasion.

L’évasion de Mohamed Amra dans toutes les têtes

Et si cette décision suscite l’incompréhension de syndicats d’agents pénitentiaires, c’est parce que Ouaihid Ben Faiza s’était évadé de la prison de Villepinte en 2014. Sa cavale avait duré deux semaines. Ils craignent une récidive. 

Personne, et notamment dans la sphère pénitentiaire, n’a oublié l’évasion du narcotrafiquant Mohamed Amra qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires le 14 mai 2024 au péage d’Incarville (Eure).

Cette tragédie restera gravée comme une page noire de l’histoire pénitentiaire française. Ce jour-là, un commando armé a attaqué violemment un fourgon pénitentiaire pour libérer le détenu Mohamed Amra. Deux agents pénitentiaires ont été lâchement abattus lors de cette attaque, et trois autres ont été blessés.

«Les agents pénitentiaires n’ont pas à être les otages d’un système qui affiche des principes d’un côté et fait l’inverse de l’autre», a plaidé le syndicat.

«Notre cadre législatif d’application des peines doit être pleinement revu»

À la suite de cette nouvelle, le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’est exprimé. «Je ne commente jamais une décision individuelle d’un juge», a-t-il précisé sur X, même s’il rappelle que «le procureur de la République et le chef d’établissement» s’y opposent.

Il profite tout de même de cet épisode pour faire une annonce importante. Il «souhaite moderniser et consolider les règles encadrant l’exécution des peines pour les criminels les plus dangereux, dans le strict respect des principes fondamentaux du droit (…) Ce sera le cas dans le prochain texte de loi que je présenterai en début d’année prochaine». 

Et cela dans la volonté d’améliorer le «cadre législatif d’application des peines doit être pleinement revu face aux réalités de la grande criminalité organisée», précise de garde des Sceaux.

«Ces profils particulièrement structurés et dangereux exigent des outils juridiques différents et une vigilance toute particulière», souligne t-il.

À noter que de leur côté, «le chef d’établissement et le parquet ont rendu un avis défavorable (à l’autorisation de sortie de Ouaihid Ben Faiza, ndlr), mais le juge d’application des peines a donné un avis favorable» à cette permission de sortie, indiquait samedi une source judiciaire à l’AFP. Elle ajoute par ailleurs que le parquet a fait appel. Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur nous a indiqué qu’un dispositif sera mis en place tout au long de la journée, sans que les contours précis de cette organisation soit explicitée, pour des raisons de sécurité.





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