
Ouaihid Ben Faïza, 52 ans, détenu réputé dangereux incarcéré à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), a obtenu une permission de sortie, prévue ce lundi, qui suscite une large polémique. Voici ce qu’il faut savoir sur ce narcotrafiquant.
Un profil inquiétant et une sortie qui interroge. Si sa libération est prévue en 2029, Ouaihid Ben Faïza narcotrafiquant détenu depuis quatre mois à la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), a obtenu ce 21 novembre une permission de sortie.
En effet, la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Douai, contre l’avis du chef d’établissement de Vendin-Le-Vieil, du parquet de Béthune et du parquet général de la cour d’appel de Douai, a autorisé cette permission qui doit avoir lieu ce lundi 24 novembre.
A 52 ans, Ouaihid Ben Faïza a été condamné en 2012 pour des faits d’association de malfaiteurs et des faits liés au trafic de stupéfiants. Il est considéré comme l’un des parrains du trafic de drogue de La Courneuve (Seine-Saint-Denis).
Sa permission de sortie suscite d’autant plus l’exaspération des syndicats de l’administration pénitentiaire que l’homme s’est évadé de la prison de Villepinte en 2014, grâce à un commando armé qui l’avait aidé à s’enfuir lorsqu’il était de sortie à une consultation médicale à l’hôpital de Saint-Denis. Sa cavale avait duré deux semaines.
Les syndicats profondément choqués
Le syndicat UFAP UNSa Justice a publié un communiqué pour faire part de son «étonnement» face à cette autorisation de permission, dénonçant «une décision totalement déconnectée des exigences, des réalités et des contraintes imposées chaque jour aux personnels pénitentiaires».
«On ne peut pas imposer un régime ultra-renforcé, dire publiquement qu’on y incarcère les plus grands narcotrafiquants du pays et voir s’appliquer des décisions qui contredisent cet ensemble frontalement», a ajouté le syndicat.
Selon les informations obtenues par CNEWS, cette permission de sortie est dite «employeur», c’est-à-dire que le détenu est autorisé à sortir pour rencontrer un employeur dans l’intention d’obtenir une promesse d’embauche.
A ce stade, la permission de sortie est prévue toute la journée (7h-21h), et il ne sera accompagné d’aucun surveillant pénitentiaire mais probablement de son conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation.
«Cette décision a été rendue par des magistrats indépendants. Elle est conforme à la loi, ce n’est pas du tout une surprise. La réinsertion existe encore en France et tout le monde devrait s’en féliciter», a déclaré à CNEWS, Me Marie Violleau, avocate d’Ouaihid Ben Faïza.
«Que les syndicats s’occupent des conditions de travail des surveillants au lieu de commenter des décisions de justice dont ils ne maîtrisent rien. Cela évitera une surenchère ridicule et politique», a-t-elle ajouté.
Cette permission de sortie intervient un peu plus d’une semaine après l’évasion d’un détenu rennais le 14 novembre dernier. L’homme de 37 ans avait profité d’une activité «hors les murs» de la prison au planétarium pour prendre la clé des champs.
Le détenu, toujours activement recherché, s’était déjà évadé dans le passé.