ce que l’on sait de l’alerte émise par le MI5 au Royaume-Uni

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By InfoHunter



Le MI5, service britannique de renseignement intérieur, a alerté ce mardi 18 novembre les parlementaires sur des tentatives d’espionnage chinois auquel fait face le Royaume-Uni. Le gouvernement travailliste entend contrer cette menace avec de nouvelles mesures.

Malgré les démentis de Pékin, l’inquiétude monte outre-Manche. Une alerte d’espionnage a en effet été émise par le MI5, le service britannique de renseignement intérieur, à destination des parlementaires.

À la chambre des Communes, le ministre en charge de la Sécurité, Dan Jarvis, a averti les députés «du ciblage en cours de nos institutions démocratiques par des acteurs chinois».

Une information qui intervient alors que depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2024, le Premier ministre Keir Starmer s’efforce de réchauffer les relations avec la Chine, en particulier sur le plan économique.

Des opérations menées sur LinkedIn

Mais des agents chinois tenteraient bien, dans le même temps, de «recruter et de cultiver des relations avec des individus ayant accès à des informations sensibles sur le Parlement et le gouvernement», par exemple en se faisant passer pour des «chasseurs de têtes» externes, comme l’a également expliqué Dan Jarvis.

Le MI5 a notamment communiqué aux parlementaires les noms de deux de ces recruteurs suspects, qui opèrent notamment sur des plateformes en ligne, comme LinkedIn.

Quelques semaines avant ces annonces, la polémique soulevée par l’abandon de charges contre deux hommes, dont un travaillant au Parlement britannique, soupçonnés d’avoir livré des informations au profit de Pékin, avait secoué le Royaume-Uni.

Le pays investi 700 millions d’euros pour contrer la menace

Le président de la Chambre des communes, Lindsay Hoyle, s’est ainsi dit «en colère» face à ces affaires d’espionnage, estimant que les députés n’avaient «pas bénéficié de la protection nécessaire».

En juin dernier, un audit londonien avait souligné que les actes d’espionnage de la part de la Chine et ses tentatives de saper la démocratie et l’économie du Royaume-Uni avaient augmenté en nombre ces dernières années.

Dans la foulée, le gouvernement avait annoncé un investissement de 600 millions de livres (700 millions d’euros) dans les services de renseignement, pour contrer cette menace.

Mi-octobre, Ken McCallum, patron du MI5, avait prévenu que le Royaume-Uni devrait «se défendre avec fermeté» contre ces tentatives chinoises, évoquant des actes de cyberespionnage, de «transferts clandestins de technologie», ou encore le «l’intimidation d’opposants» sur le sol britannique.

Keir Starmer veille à «rechercher et maximiser les opportunités» avec la Chine

La ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a quant à elle évoqué les suspicions d’espionnage avec son homologue chinois Wang Yi début novembre et a «été claire sur le fait qu’aucune activité qui menace la sécurité nationale britannique, en particulier en ce qui concerne son Parlement et son système démocratique, ne sera tolérée», a fait savoir Dan Jarvis.

Mardi, le porte-parole du Premier ministre Keir Starmer s’est montré plus mesuré, en rappelant que la stratégie de son gouvernement était de «faire face aux défis et menaces» posés par la Chine, tout en «recherchant et maximisant les opportunités» dans les relations bilatérales, en particulier économiques.

La Chine déplore de «pure invention et de calomnies malveillantes»

De son côté, Pékin nie toute accusation et accuse le Royaume-Uni de «pure invention et de calomnies malveillantes», comme a réagi un porte-parole de l’ambassade de Chine à Londres, condamnant «fermement ces manœuvres méprisables de la part du Royaume-Uni».

Il a également exhorté Londres à «cesser immédiatement cette mascarade de fausses accusations et à ne pas s’enfoncer davantage dans la voie erronée qui nuit aux relations sino-britanniques».



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