Arnaud Jerald, le maître des abysses

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By InfoHunter



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Recordman du monde en apnée bi-palmes, Arnaud Jerald est un véritable phénomène. Grâce à un entraînement extrême, il est capable de supporter la pression des profondeurs.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


C’est un promeneur des profondeurs qui déjoue le temps et plonge dans les abysses sans artifices et sans oxygène. Le recordman du monde d’apnée bi-palmes est français. Il s’appelle Arnaud Jerald. Ce jour-là, il débute sa préparation par une plongée hivernale chez lui, à Marseille (Bouches-du-Rhône). « Pour moi, être sous l’eau, c’est une forme de méditation. On est dans notre bulle, c’est assez silencieux. C’est très agréable », affirme-t-il.

Avec son talent à couper le souffle, ce Marseillais de 29 ans a déjà repoussé les limites de son sport. Cet été aux Bahamas, il est descendu sans respirer, à la seule force des palmes, jusqu’à 126 mètres de profondeur. Du jamais vu. « Je vois des couleurs. C’est vraiment la sensation d’être dans un rêve. C’est très déstabilisant. Et je n’aime pas ça, en fait, parce que je ne maîtrise plus ce moment-là. Le corps est en conduite automatique », détaille-t-il. Après 3 minutes et 45 secondes d’apnée, il fonce vers un dixième record du monde. « Déjà, en remontant sur les 30 derniers mètres, là où normalement c’est le plus dur, j’ai déjà le sourire sous l’eau. J’ai qu’une envie : c’est d’aller plus profond. Alors, est-ce que ça sera 127 mètres ? Est-ce que ça sera plus ? On verra », indique-t-il.

Bien avant de devenir cet apnéiste aux dix records du monde, Arnaud Jerald a d’abord été un enfant discret, jamais très loin de la mer, mais toujours à bonne distance de la lumière. Adolescent tourmenté en échec scolaire, moqué à cause de sa dyslexie, son destin bascule lorsqu’il fait de l’apnée pour la première fois au large des îles du Frioul. Il a 16 ans : « À ce moment-là, à 30 mètres, comme il n’y avait rien à voir en face de moi, ça a fait une sorte d’effet miroir. Et j’ai pu me voir à travers mes yeux et non au travers du regard des autres. Et c’est quand j’ai découvert l’apnée que j’ai commencé à respirer, à rêver ».

Pour pouvoir vivre son rêve et apprivoiser les abysses, il dompte les abîmes, multiplie les sports d’endurance : randonnée, ski et natation. En apnée, son cœur bat parfois à moins de vingt pulsations par minute. Dans cette discipline exigeante, mais surtout dangereuse, le risque de perdre connaissance en mer est bien réel. À 100 mètres sous l’eau, les poumons d’Arnaud rétrécissent pour faire la taille d’une orange. Alors, il entraîne son corps à supporter la pression des profondeurs en assouplissant sa cage thoracique. « Le scénario catastrophe, c’est si l’apnéiste n’est pas assez souple du diaphragme. Les poumons vont se comprimer et le diaphragme ne peut pas suivre. Et à un moment, le poumon peut se déchirer. On peut avoir la cage thoracique qui implose », souligne-t-il.

Conscient des risques qu’il prend au quotidien, mais bien déterminé à repousser les limites du corps humain, Arnaud Jerald se prépare à descendre toujours plus profond avec une bulle de silence pour seul horizon.





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