
Lors du Jubilé des pauvres célébré le 16 novembre à Rome, le pape Léon XIV a dénoncé «la mondialisation de l’impuissance» et appelé responsables politiques et fidèles à entendre «le cri des plus pauvres».
Il y avait foule. Rassemblés par milliers dans la basilique Saint-Pierre, jusqu’à déborder sur la place où des écrans géants retransmettaient la célébration, les participants au Jubilé des pauvres ont accueilli un pape Léon XIV déterminé à replacer la question sociale au cœur de la foi chrétienne. «La basilique devient aujourd’hui un peu petite», a-t-il glissé en saluant la foule, avant de rejoindre l’autel pour cette messe qui clôturait trois jours de rencontres organisées dans le cadre de l’Année sainte.
Dans son homélie, le pontife a dénoncé les multiples formes de pauvreté qui «oppriment» le monde, rappelant qu’elles ne sont pas uniquement matérielles. «Le drame de toutes ces pauvretés, c’est la solitude», a-t-il insisté. À l’heure où les conflits prolifèrent, il a reconnu le sentiment d’impuissance qui gagne les consciences, mais a rejeté avec force «le mensonge» d’une histoire figée.
«Cette mondialisation de l’impuissance est fondée sur un mensonge», a-t-il martelé, appelant les croyants à être des «signes vivants» d’espérance.
Les pauvres, «la chair même du Christ»
Léon XIV s’est également adressé aux responsables politiques, les exhortant à rompre avec «le mythe d’un bien-être et d’un progrès» qui ignore les plus vulnérables. «Il ne peut y avoir de paix sans justice, et les pauvres nous le rappellent de multiples façons», a-t-il alerté, évoquant migrations et souffrances étouffées.
Face à une société tentée par le repli ou «l’intimisme religieux», le pape a invité les catholiques à se tenir «au milieu des pauvres» et à promouvoir une «culture de l’attention» dans tous les espaces du quotidien. Les pauvres, a-t-il rappelé, ne sont pas «une catégorie sociologique», mais «la chair même du Christ».
«Engageons-nous tous», a conclu Léon XIV, rendant hommage aux acteurs de terrain. Car la foi, selon lui, ne peut se limiter à un refuge spirituel : elle appelle à transformer «la coexistence humaine en un espace de fraternité et de dignité pour tous».