Face à une sécheresse inédite, l’Iran lance une opération d’ensemencement des nuages

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By InfoHunter



Les autorités iraniennes ont lancé, ce samedi 15 novembre, des opérations d’ensemencement des nuages pour provoquer des pluies. Une initiative qui intervient alors que l’Iran traverse l’une de ses pires sécheresses depuis cinquante ans.

Maîtriser les éléments. Ce samedi, un «vol d’ensemencement des nuages» a été effectué sur le plus grand lac d’Iran, situé au nord-ouest du pays, afin de provoquer des pluies, alors que l’Iran traverse l’une de ses pires sécheresses depuis plusieurs décennies, ont rapporté les médias d’État.

«Aujourd’hui, un vol d’ensemencement des nuages a été effectué dans le bassin du lac d’Ourmia pour la première fois de l’année hydrologique», qui commence en septembre, a précisé l’agence de presse officielle Irna. Ces dernières années, le point d’eau a largement rétréci en raison de la sécheresse.

Selon l’agence de presse iranienne, d’autres opérations doivent suivre dans les provinces de l’Azerbaïdjan oriental et occidental. En grande partie aride, le pays souffre de sécheresses chroniques et de vagues de chaleur qui devraient s’aggraver avec le changement climatique. 

Téhéran risque d’être évacuée s’il ne pleut pas cet hiver

Pour l’heure, l’Iran connaît actuellement son «automne le plus sec depuis cinquante ans», a souligné l’Irna, qui s’appuie sur les données du service météorologique national, en précisant que les précipitations sont, cette année, inférieures de 89% au taux moyen à long terme.

Selon les autorités locales, les précipitations dans la capitale n’ont jamais été aussi faibles depuis un siècle et la moitié des provinces iraniennes n’ont pas vu une goutte de pluie depuis des mois. Cependant, au jour du lancement de l’opération d’ensemencement des nuages ce samedi, l’Irna a salué l’arrivée de pluies sur plusieurs localités de l’ouest et du nord-ouest du pays. Mais les niveaux d’eau des réservoirs qui alimentent de nombreuses provinces restent critiques et ont atteint des niveaux historiquement bas.

Début novembre, le président Masoud Pezeshkian avait averti que, sans pluie avant l’hiver, Téhéran pourrait devoir être évacuée. Le gouvernement a ensuite précisé qu’il souhaitait alerter la population sur la gravité de la situation, et non annoncer un projet concret.

Au Moyen-Orient, d’autres pays, tels que les Émirats arabes unis, ont également recours à l’ensemencement des nuages pour produire artificiellement de la pluie. Les inondations sans précédent survenues à Dubaï en avril 2024 avaient d’ailleurs suscité des interrogations quant à cette pratique.

Une cinquantaine d’Etats dans le monde, dont la France, ensemencent ses nuages

L’ensemencement des nuages consiste à modifier la structure d’un nuage, de façon à accroître les possibilités de précipitations en «relâchant de minuscules particules semblables à des cristaux de glace dans les nuages», précise Parlons Sciences. Ce sont des particules d’iodure d’argent qui sont généralement utilisées. Ces dernières servent alors de noyaux de condensation additionnels, tandis que les molécules de vapeur d’eau surfondue libres se condensent autour d’elles. Ensuite, les gouttelettes de vapeur d’eau condensée s’agglomèrent, jusqu’à former des gouttes suffisamment grosses pour tomber sous forme de pluie.

Il existe deux méthodes de déversement de particules dans les nuages : l’utilisation de canons au sol qui vaporisent les particules vers les nuages, ou l’utilisation d’avions qui déversent les particules, en passant au-dessus des nuages.

Un enjeu géopolitique

Le procédé a été découvert par les États-Unis en 1946 et se pratique de matière routinière dans une cinquantaine d’États dans le monde depuis les années 1950, soit pour augmenter les chutes de pluie, soit pour diminuer les chutes de grêle. En France, par exemple, le procédé est systématisé par une très large partie des agriculteurs, notamment des viticulteurs.

Si ce genre d’opération peut laisser penser à de la science fiction, le phénomène est bien réel et peut même provoquer des tensions géopolitiques.

L’Iran accusait en mai 2011 les occidentaux de provoquer des sécheresses par ce procédé. Durant la guerre du Vietnam (novembre 1955 – avril 1975), les États-Unis auraient également mené une opération militaire de guerre météorologique intitulée «opération Popeye», entre mars 1967 et juillet 1972. L’objectif était de tenter de prolonger la saison de la mousson, en particulier dans les zones du sentier Ho Chi Minh. 

Une opération controversée qui avait mené l’ONU à interdire, en 1976 par l’intermédiaire de la convention ENMOD, les techniques de modification de l’environnement à des fins militaires.



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