Benjamin Haddad réaffirme son soutien à Rachida Dati en vue des municipales

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By InfoHunter



Vendredi 14 novembre, Benjamin Haddad était l’invité des « 4 Vérités ». Le ministre délégué chargé de l’Europe s’est penché sur la situation à l’Assemblée nationale, mais également sur le dialogue entre la France et l’Algérie ou encore l’élection municipale à Paris, évoquant un soutien sans faille à la ministre de la Culture.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Jeff Wittenberg : Le week-end sera pluvieux, mais on ne pourra pas se réfugier à l’Assemblée nationale, s’abriter, puisqu’on l’a appris hier soir : l’Assemblée va suspendre ses travaux. C’est une décision du gouvernement qui ne plaît pas à la gauche alors que la partie recette du budget devait être votée lundi. Comment va-t-on faire alors que ce texte est déjà très en retard dans la lecture, notamment de tous ces amendements ?

Benjamin Haddad : Le débat a avancé. Les parlementaires font un travail qui est très exigeant mais qui est important et de très bonne tenue ces dernières semaines. Le gouvernement a tenu ses engagements. Il avait pris des engagements déjà pour que les débats puissent commencer, notamment de proposer aux parlementaires la suspension de la réforme des retraites et de ne plus utiliser le 49.3, ce qui était une petite révolution.

C’est définitif ? Certains disent qu’il faudra l’utiliser vu les retards pris.

Le gouvernement a tenu tous ses engagements en disant qu’il y a une copie initiale qui doit maintenant être débattue, amendée, votée par les parlementaires. Une première partie a été votée par les députés et le débat continue. Moi, je voyage beaucoup en Europe évidemment, et je vois qu’autour de nous, il y a des pays qui n’ont pas de majorité absolue et qui ont aussi cet esprit de compromis, de coalition pour trouver des consensus. C’est ce que nous faisons aujourd’hui en France. Je pense que cela fait aussi du bien à notre démocratie et notre pays a besoin d’avancer, d’avoir un budget.

Vous êtes le ministre en charge des Affaires européennes et voilà un domaine, l’Europe, où, contrairement à la tendance générale, les dépenses vont augmenter en 2026 pour atteindre 28,8 milliards d’euros, soit une hausse de presque 6 milliards. Pourquoi la contribution de la France au budget européen augmente-t-elle tant ?

Tous les sept ans, les États membres de l’Union Européenne et les parlements nationaux votent un budget de sept ans pour l’Union européenne. Tous les ans, on a une contribution qui est envoyée à l’Union Européenne, qui parfois diminue, qui parfois augmente selon les rattrapages de paiements sur certaines dépenses. Ce que je voudrais quand même expliquer, c’est que la France est le premier bénéficiaire des fonds européens en Europe.

Mais le premier contributeur aussi, avec l’Allemagne.

L’Allemagne est le premier contributeur. Mais par exemple, que ce soit le budget pour nos agriculteurs, soit 9,5 milliards d’euros par an, que ce soit les fonds pour nos territoires, que ce soit pour nos universités, nos centres de recherche, on est le premier bénéficiaire du plan de relance qui avait été créé lors de la crise Covid, ou des investissements de la Banque européenne d’investissement. Et puis cette contribution, c’est aussi un levier d’influence. Si la voix de la France porte en Europe sur des sujets comme l’Europe de la défense, sur des sujets comme l’innovation ou encore le soutien à l’Ukraine, c’est aussi grâce à cette contribution.

On entend la France Insoumise et surtout le Rassemblement national demander pourquoi la France ne bénéficie pas de rabais comme d’autres pays, alors qu’elle est donc une très forte contributrice et qu’aujourd’hui elle doit faire des économies. Le Rassemblement national dit que pour compenser, et notamment la suspension de la réforme des retraites, il suffirait que la France baisse sa contribution à l’Europe.

Ce qu’on a vu de façon très claire hier à l’Assemblée nationale, c’est qu’il y a une majorité des députés qui ont fait le choix de dire : « Nous, on veut faire partie de l’Union Européenne, on veut continuer à contribuer, on veut continuer à bénéficier de notre appartenance à l’Union Européenne, au marché intérieur », que ce soit le PS, les Verts, le bloc central, les Républicains. Et puis vous avez eu une coalition du Frexit entre la France insoumise et le Rassemblement national qui, au fond, veulent remettre en question ce qui fait les règles communes de notre appartenance.

Il n’y a pas moyen de payer un petit peu moins ?

Tous les pays de l’Union européenne respectent leurs engagements, paient cette contribution. Nous, nous portons une voix exigeante. Quand on est pro-européen, on est aussi lucide, on veut transformer l’Europe. On est exigeants, que ce soit sur la défense, sur le soutien à l’innovation, sur la simplification des règles. On a des mesures récemment pour que l’Europe se protège aussi contre la concurrence déloyale de la Chine, par exemple sur l’acier ou sur les véhicules électriques. Ça, c’est la voix de la France que nous portons. Ce n’est pas en s’isolant, en se mettant en contravention avec les règles, en se mettant sur un strapontin, qu’on va défendre nos intérêts. Nous, nous défendons les intérêts de la France et des Français, des entreprises, des agriculteurs au sein de l’Union européenne. On ne fait pas le Frexit.

On reste dans ce domaine européen avec cette médiation de l’Allemagne. C’est la coopération franco-allemande qui a permis la libération de Boualem Sansal. Est-ce qu’à cette occasion, on assiste, selon vous, à un réchauffement des relations entre Paris et Alger ? Et comment avoir accepté que la France n’accueille pas directement l’écrivain alors qu’il aurait pu revenir directement sur le sol français ?

Je voudrais d’abord remercier l’Allemagne et son président, Steinmeier, qui a joué le rôle d’un tiers de confiance. Nous avons été en lien permanent avec l’Allemagne pour obtenir cette libération. Il y avait des relations qui s’étaient dégradées entre la France et l’Algérie. Au fond, on parlait à l’instant du rôle de la France dans l’Union européenne, mais c’est utile d’avoir des amis, des alliés, des partenaires de confiance, comme l’Allemagne, sur un sujet qui a été une immense inquiétude et une exigence du président de la République. Il l’a répété à de très nombreuses reprises pour avoir un dialogue franc, respectueux, d’égal à égal, qui défend les intérêts des deux populations entre la France et l’Algérie. On avait besoin d’avoir cette libération. Nous avons des intérêts communs à faire valoir. Je pense à la coopération sur le plan sécuritaire, à la coopération sur le plan migratoire évidemment.

Mais vous confirmez qu’il y a aujourd’hui un vrai réchauffement qui va avoir lieu à l’occasion de cette libération ?

C’était une exigence du Président de la France. Le ministre de l’Intérieur l’avait dit, et c’est une étape importante effectivement dans ce dialogue que nous appelons de nos vœux.

Vous êtes élu du 16e arrondissement de Paris. Contrairement à votre parti, Renaissance, vous avez décidé de soutenir Rachida Dati à l’élection municipale des 15 et 22 mars prochains. Ça crée quand même quelques remous, puisque Gabriel Attal, le patron de Renaissance, a dit qu’il soutiendrait un autre candidat, Monsieur Bournazel. Vous assumez votre différence ?

J’ai fêté mes 40 ans il y a quelques semaines. Et de toute ma vie d’adulte, d’électeur, j’ai vu le même parti, la gauche, au pouvoir à Paris. Et j’ai vu 100 000 Parisiens qui ont quitté la ville ces dernières années, notamment les familles qui n’arrivent plus à se loger. J’ai vu les entreprises qui fuient. Je vois une ville qui sombre aussi dans l’insécurité. Et Rachida Dati peut gagner à Paris. Elle peut nous faire gagner, elle peut nous rassembler, créer la dynamique. Dès le premier tour, pour remettre de la sécurité, de l’attractivité économique, de l’énergie dans cette ville. C’est pour ça que je soutiens, avec mon collègue Sylvain Maillard et beaucoup d’autres.

Et vous n’avez pas convaincu Gabriel Attal et tous les autres élus Renaissance de Paris ?

Je suis Renaissance, je suis loyal à ma famille politique, je suis loyal au chef de l’État. Je pense sincèrement qu’on a une opportunité pour créer une dynamique et gagner la ville. Moi, je souhaite l’union la plus large possible autour de Rachida Dati. C’est une femme libre, c’est une femme forte, c’est une Parisienne engagée et expérimentée. Et encore une fois, voilà 25 ans que nous avons le même parti au pouvoir à Paris. On en voit les résultats. Il y a énormément de Parisiens qui veulent l’alternance, on peut l’avoir.

Mais c’est aussi une femme qui, avec toutes les qualités que vous venez de décrire, aura à répondre devant la justice au mois de septembre 2026 pour corruption et trafic d’influence. Est-ce que ce n’est pas un handicap majeur dans la campagne qui va s’ouvrir dans les prochaines semaines ?

Moi, sur ces sujets-là, j’ai toujours eu la même ligne qui est la présomption d’innocence. Rachida Dati s’est déjà expliquée sur ces sujets. Maintenant, on va parler des Parisiens, des Parisiennes et de notre projet.





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