Google a annoncé ce mardi 11 novembre avoir consenti à «son plus grand plan d’investissements à ce jour» dans «l’avenir numérique» de l’Allemagne.
Un coup de pouce majeur pour l’Allemagne. Google va investir pas moins de 5,5 milliards d’euros dans le pays européen, notamment dans le développement de l’intelligence artificielle et des centres de données. De quoi dynamiser le secteur pour les entreprises allemandes.
Le géant américain se laisse jusqu’à l’année 2029 pour réaliser cet investissement massif. Une bonne nouvelle pour l’Allemagne, comme l’a souligné Friedrich Merz : «Notre pays est et reste l’un des lieux d’investissement les plus attractifs au monde».
l’Allemagne cherche à jouer les premiers rôles
Cette nouvelle intervient quelques jours après l’annonce de la construction d’une «usine IA souveraine» par Deutsche Telekom et un autre acteur américain du secteur, Nvidia. Il s’agit donc d’un nouvel investissement important dans une économie allemande jusqu’ici en perte de compétitivité voire à la traîne dans le numérique.
Lors d’une conférence de presse tenue à Berlin, Philipp Justus, directeur de Google Europe a expliqué : «Nous croyons fermement que l’Allemagne peut jouer un rôle de leader dans l’utilisation de l’IA».

Le mastodonte américain avait choisi de faire ses annonces dans l’un de ses bâtiments de la ville de Francfort, où se trouve déjà le tissu de centres de données le plus grand du pays, que compte agrandir Google.
A présent, l’entreprise américaine compte aussi créer un nouveau centre de données dédié à l’infrastructure cloud dans cette même région, à Dietzenbach, prévu pour être mis en service au deuxième trimestre 2027.
Si l’Allemagne possède le plus de centres de données en Europe, elle ne comptait que 2,5% des installations mondiales en 2024, contre 3,5% en 2015. Une perte de vitesse qui s’explique notamment par les efforts américains, qui avaient acquis des moyens 10 fois supérieurs à ceux du pays européen d’ici à 2030, mais aussi à l’accélération de la Chine.
Allemagne-Etats Unis : l’Europe s’inquiète d’une dépendance
Pour revenir au premier plan, l’Allemagne a donc décidé de quadrupler le nombre de centre de données du pays dédiés à l’IA d’ici 2030, alors que leur capacité augmentera de 70%, selon Bitkom.
Si ces projets sont jugés rassurants pour la croissance allemande, ils sont également vus d’un oeil méfiant par certains acteurs européens. Ainsi, la ministre du Numérique du Land de Hesse, Kristina Sinemus a dû défendre cet investissement, expliquant que «ce n’est pas un paradoxe». Les centres de données ne «sont guères comparables aux projets industriels classiques», car une part importante des milliards finance «l’achat de technologies de pointe aux États-Unis», note quant à lui le journal spécialisé Handelsblatt.
Bruxelles regarde en effet avec inquiétude le rapprochement de certains d’entre eux avec le président américain Donald Trump, depuis son retour à la Maison Blanche et la dépendance de l’Allemagne vis à vis des Etats Unis n’est pas sans poser question.