un couple sur dix fait chambre à part

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By InfoHunter



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Pour éviter les ronflements, pour avoir sa chambre à soi ou plus simplement pour se manquer et prendre plaisir à se retrouver au petit matin, certains couples font chambre à part.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Après 53 ans de mariage, Martine et Bernard Le Picaud ont encore pas mal de choses à partager, sauf leur nuit. Déjà vingt ans qu’ils font chambre à part et il n’y a aucune raison pour que cela change. La chambre de Bernard est au fond du couloir à gauche, celle de Martine presque en face. Elle y est chez elle, chacun sa déco, ses meubles, son mode de nuit. « C’est ma chambre, c’est mon domaine », présente Martine Le Picaud, retraitée. « Je ne ferme même pas ma porte, elle ferme sa porte. Je suis un très frileux », indique Bernard Le Picaud, retraité. « Moi, j’ai horreur de la chaleur. On ne peut pas dormir ensemble, ce n’est pas possible », assure Martine.

À l’origine, c’est elle qui veut s’exiler. La ménopause et ses réveils incessants troublent leur sommeil. Martine décide de changer de lit. « Il n’était pas très chaud. Au bout d’un moment, il a dit on essaie. Mais il a dit que c’était temporaire. Et vingt ans après, ça dure toujours », raconte-t-elle.

Deux lits, c’est bien joli, mais ça coûte plus cher. Avant d’en arriver là, les Français achètent de plus en plus large. Les matelas jusqu’à deux mètres sont désormais majoritaires sur le marché. « On cherche beaucoup plus de confort depuis le Covid. On a vu cette montée de tailles différentes ou de matelas séparés ou de chambres à part », constate Wesley Tenerini, gérant King Size, Chécy (Loiret).

Selon un sondage, un couple sur dix fait chambre à part et c’est parfois pour raison médicale, l’apnée du sommeil par exemple, avec son appareillage bruyant. « Ça me réveille, je la réveille et on s’est rendu compte que vraiment être séparé, même un petit peu, ce n’est pas plus mal », confie Gilles Prevost, chef de chantier.

Quand le lit conjugal devient un territoire ennemi, il faut savoir battre en retraite. Et pourtant, faire chambre à part n’est pas toujours une punition, mais un choix. À 26 ans, Laura Aguaderata, mannequin, dort parfois loin de son compagnon. Enfin loin, ils n’ont qu’un 49 mètres carrés, mais ça se raconte sur TikTok. Et cette vie à distance leur convient très bien. « C’est rigolo parce que des fois on ne va pas dormir ensemble et donc le lendemain matin on se dit bonjour et on s’est un peu manqués, ça change de la routine et c’est assez agréable », souligne Laura Aguaderata. En revanche, le regard des autres n’a pas vraiment changé. « Notre entourage, au début, nous a un peu dit ‘mais vous n’aimez pas’ ou ‘pourquoi vous, dans ce cas-là, ne vivez pas ensemble ?' », poursuit-elle.

Le lit conjugal n’existe pas depuis la nuit des temps. Au Moyen Âge, on dormait en famille pour se réchauffer. Les rois, eux, faisaient chambre à part. La chambre parentale est une invention récente. « Au XXe siècle, est inventé le mariage d’amour. C’est essentiellement à partir de la guerre de 14 que l’on va voir les gens qui se trouvent dans une même tranche d’âge et vont faire lit commun. Il y a encore le devoir conjugal. La libération sexuelle de l’après Seconde Guerre mondiale, des années 70, va libérer un petit peu tout ça, mais c’est quelque chose de très récent », relate le Dr Philippe Brenot, psychiatre anthropologue.

S’il faut être plus loin pour se rapprocher, alors séparons-nous ensemble, au moins jusqu’au petit matin.

Sondage Ipsos pour le collectif Parlons Literie / enquête Fast Facts réalisée sur la plateforme Ipsos.Digital, du 14 au 17 février 2023 sur un échantillon de 1501 Français âgés de 18 à 75 ans – Echantillon national représentatif – Méthode des quotas.

Liste non exhaustive





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