
Des zones résidentielles ainsi que des infrastructures énergétiques ukrainiennes ont été visées ce samedi par une attaque russe massive. Celle-ci a entraîné la mort d’au moins quatre personnes et des coupures de courant.
Drones et missiles balistiques russes se sont abattus dans la nuit de vendredi à samedi sur des habitations et infrastructures énergétiques ukrainiennes, tuant au moins quatre personnes. Des coupures d’électricité ont été constatées à Kiev et dans sa région.
Dans la nuit, la Russie a tiré un total de 458 drones et 45 missiles sur l’Ukraine, selon l’armée de l’air ukrainienne, qui a assuré avoir abattu respectivement 409 drones et neuf missiles.
«Les travaux de restauration se poursuivent après l’attaque nocturne. Il s’agissait d’une attaque massive, avec de nombreux missiles balistiques», a souligné sur Telegram le président Volodymyr Zelensky, estimant que la «pression exercée sur la Russie (était) insuffisante» et regrettant les «réponses timides à l’audace» du Kremlin.
Le chef de la diplomatie ukrainienne a de son côté rapporté que ces frappes avaient «détruit des infrastructures essentielles et endommagé les réseaux ferroviaires», privant «les gens d’électricité, d’eau et de chauffage».
«La neuvième attaque massive depuis début octobre»
À Dnipro, grande ville du centre-est de l’Ukraine, un immeuble résidentiel a été touché par un drone, tuant trois personnes et faisant plusieurs blessés, selon son maire, Boris Filatov. Une personne a aussi été tuée à Kharkiv (nord-est), selon Volodymyr Zelensky.
Plusieurs régions ont annoncé des coupures d’électricité d’urgence et des interruptions de l’approvisionnement en eau. Ces coupures touchent aussi Kiev et sa région, a indiqué l’opérateur privé DTEK.
La compagnie gazière Naftogaz a fait état de dégâts sur ses installations fournissant du chauffage aux habitants, «la neuvième attaque massive depuis début octobre» sur le secteur.
D’importants retards sont à déplorer sur les réseaux ferrés, a prévenu le ministre de la Restauration, Oleksiï Kouleba, accusant la Russie d’avoir intensifié ses attaques contre les dépôts de locomotives.
Pokrovsk, prochaine sur la liste ?
Dans la nuit de vendredi à samedi, Andreï Botcharov, le gouverneur de la région russe de Volgograd, à plusieurs centaines de kilomètres du front, a fait état sur Telegram d’une attaque de drones ukrainiens sur des infrastructures énergétiques, provoquant là aussi des coupures de courant.
Aujourd’hui, l’essentiel des combats se concentre dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine où se situe la ville de Pokrovsk, un important nœud logistique pour les forces ukrainiennes qui pourrait tomber prochainement.
Si l’état-major ukrainien a démenti tout encerclement de ses troupes sur place et assuré poursuivre la défense, de nombreux médias, soldats et volontaires ont fait état d’une situation critique pour la garnison locale.
L’armée russe contrôle totalement ou partiellement près de 20% du territoire ukrainien, selon l’analyse par l’AFP des données fournies par l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), qui travaille avec le Critical Threats Project (CTP).