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Des vidéos des interventions des gendarmes lors des manifestations à Sainte-Soline contre les mégabassines, en 2023, ont été révélées par « Mediapart » et « Libération ». Insultes, cris et tirs dangereux peuvent être entendus sur ces images. Le ministère de l’Intérieur a ordonné une enquête administrative.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Des gendarmes qui se réjouissent des blessures qu’ils viennent de provoquer et qui insultent les manifestants : « Sale chien », « Fils du pute », « Bande de merdes », « Il a du se la prendre en pleine gueule ». Ces images révélées par nos confrères de Libération et de Mediapart ont été tournées à Sainte-Soline, le 25 mars 2023, par des caméras embarquées portées par les forces de l’ordre.
Des propos et des gestes dénoncés ce matin par le ministre de l’Intérieur. « Ce sont des propos que je condamne et pour lesquels j’ai demandé une enquête administrative. Ce sont des gestes qui ne sont pas réglementaires et donc il y a une enquête administrative et il y aura des sanctions qui seront prises« , assure Laurent Nuñez sur France Inter.
Ce jour-là, la manifestation contre les mégabassines est interdite. Bientôt, de premiers débordements et des affrontements qui se transforment en bataille rangée. Des gendarmes et des manifestants blessés, parfois gravement. Depuis deux ans et demi, une enquête est ouverte. « Ce qui me marque particulièrement dans ces vidéos, c’est qu’on n’est pas face à des comportements isolés. On n’est pas face à deux ou trois gendarmes qui, dans leurs coins, ont réalisé des tirs illégaux. On est face à réellement une situation générale et une volonté générale de réaliser des tirs illégaux« , condamne Me Chloé Chalot, avocate de quatre plaignants.
Les grenades lacrymogènes doivent être lancées en cloche. Mais sur les vidéos rendues publiques, on voit des tirs tendus visant directement les manifestants, avec le risque de graves blessures chez les manifestants. La gendarmerie, de son côté, affirme avoir coopéré en toute transparence avec la justice et avoir transmis ces images au magistrat.