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Le « 13 Heures Découverte » vous emmène ce mercredi dans l’arrière-pays niçois, dans les rues de Peillon, un village médiéval logé au sommet d’une falaise, entouré d’oliviers.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Il se dresse fièrement sur son éperon rocheux. Niché dans une vallée à moins de 20 km de la Méditerranée, Peillon (Alpes-Maritimes) nous entraîne dans un autre monde. La route s’y arrête. Le temps, également. Véronique Muller adore raconter son pays. Infirmière aujourd’hui à la retraite, guide bénévole, elle connaît chaque marche, chaque pierre de ce labyrinthe vertical. « Il y a des portes de maison, des boîtes aux lettres, une entrée de maison qui est ici. Il y a beaucoup de passages latéraux dans cette rue. C’est ce qui la rend très sympathique », nous indique-t-elle.
À mille lieues de la Côte d’Azur, prise d’assaut, les visiteurs qui s’aventurent jusqu’en haut sont conquis par le calme de la commune. « On est venus vraiment par hasard », explique un couple de promeneurs. Le village compte 60 habitants à l’année. Certains y sont nés, et d’autres, pour lui, ont tout quitté. « Ma chambre à coucher est dans le rempart, avec la meurtrière du XIIe siècle », indique un habitant, qui a déménagé de Paris pour passer toute l’année ici, désormais.
Découvrir, derrière la carte postale, la grande famille de ceux qui font vivre la commune. À commencer par les Millo. Père et fils racontent en photo la naissance de l’auberge familiale. C’était en 1946. « Ces racines m’ont amené plein de choses, d’abord la volonté, le boulot, le travail. C’étaient des gens qui bossaient », explique Christian Millo, « Auberge de la Madone ». L’auberge d’origine a cédé la place à un établissement plus moderne, succès oblige, construit à seulement quelques mètres de là. Thomas, le fils aujourd’hui aux fourneaux, raconte avec sa cuisine la vie d’autrefois.
« On ne mangeait pas énormément de viande, c’étaient des plats nobles, des plats riches. Nous, on est des gens pauvres ici dans l’arrière-pays. On avait quelques cochons, on faisait nos saucissons, nos jambons. Quand on est amoureux de ce village, on est obligé de, forcément, mettre les choses en avant et essayer de faire des choses aussi pour les gens du village », pointe le cuisinier.
Un village historique, entouré de cinq hameaux. Olivier Guido réceptionne ce matin-là des olives : « C’est les olives des îles de Lérins, des moines. Ce sont les premières de la saison », explique-t-il. Au total, 900 kilos d’olives. « Cette année, elles ont quand même un petit peu souffert de la sécheresse. C’est pour ça qu’il y a pas mal de petites tailles », pointe encore Olivier. En provenance du monastère des îles situées au large de Cannes, Olivier et sa sœur sont à la tête du dernier moulin de la commune. Des centaines de producteurs s’adressent à eux pour transformer le fruit en or, aux reflets verts. Première extraction, dégustation de l’année.
L’église de Peillon, elle, peut compter sur un serviteur fidèle ; ses grands-parents vivaient ici au milieu du XIXe siècle : « C’est un bonheur. J’ai toujours aimé faire ça. Ça m’a toujours plu. Ça fait bientôt 50 ans que je sonne les cloches. C’est l’âme du village, les cloches. Qu’on sonne avec ses mains, ses pieds, mais surtout avec sa tête et son cœur », assure Olivier Rocher de Gérigné, membre du syndicat d’initiative de Peillon. « C’est le cœur du village de mes ancêtres. Et c’est pour ça que ça me fait plaisir de maintenir cette tradition », ajoute-t-il.
L’âme, les cœurs, la voix d’un village qui flotte comme sur un nuage, hors du temps.