Monteviasco, un véritable havre de paix en Lombardie, suspendu à 950 mètres d’altitude

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By InfoHunter



Le « 13 Heures » vous propose de découvrir Monteviasco, en Italie, une petite commune hors du temps, suspendue à un fil. Pour y accéder, il faut emprunter le téléphérique ou des escaliers, avec 1 442 marches à gravir.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Au cœur des montagnes, dans la vallée de Veddasca, se cache un petit village, Monteviasco, perché à 950 m d’altitude. Pour y accéder, pas de route, pas de voiture, mais un téléphérique ouvert uniquement pendant le week-end. Alors, lorsque les habitants débarquent, ils ont les bras toujours bien chargés. Car ici, il n’y a aucun commerce.

« On a apporté quelques vivres pour la semaine et on en profite aussi pour accompagner Madame », explique un visiteur qui attend le téléphérique. Carmen, 92 ans, qu’il accompagne, se réjouit : « Tout le monde me donne un coup de main ici, tous. Ils m’aident à porter des sacs et après, ils m’emmènent moi. Je m’accroche à eux, un de chaque côté. » Pour rejoindre sa maison, les derniers mètres à pied se font sentir. Mais Carmen garde le sourire. « C’est mon chemin de croix à moi ça ! », nous dit-elle.

Moins de 10 habitants vivent ici toute l’année, comme Augusto. Il est né en 1950, dans une maison de Monteviasco. Et l’une des pièces qu’il tient à nous montrer, c’est une cave, équipée de deux congélateurs, pleins à craquer : « Il y a un peu de tout. Du pain, des légumes, un peu de viande et du poisson surgelé. Car ici, sans congélateur, on ne peut pas rester plus de trois jours », explique-t-il.

Si Augusto est aujourd’hui le roi du stockage, c’est parce qu’il a connu la fermeture du téléphérique à cause d’un accident en 2018. Pendant sept longues années, Monteviasco était totalement coupé du monde et les habitants contraints d’emprunter les 1 440 marches pour descendre et surtout pour monter au village. « Regarde-moi avec mon sac à dos », dit-il en nous montrant une photo de lui à cette époque, le dos chargé de provisions. « Il y avait six ou sept kilos de nourriture dedans et devant moi, il y avait des carabiniers. Car quand on avait besoin de quelque chose, c’est eux qu’on appelait pour avoir de l’aide », précise-t-il.

Dans ce petit bourg reculé, aucun médecin. Alors, en cas d’urgence, les secours arrivent par le ciel. « Il y a un héliport. Si quelqu’un ne se sent pas bien, les secours le transportent à l’aide d’une civière et s’occupent de lui. Mais là où ça devient plus problématique, c’est la nuit, car si le ciel n’est pas dégagé, l’hélicoptère ne peut pas décoller », explique encore Augusto.

Construit à flanc de montagne, Monteviasco est au beau milieu d’une nature préservée. Pendant le week-end, les marcheurs les plus courageux s’y aventurent pour gravir le seul escalier qui mène au village. Une randonnée de 2 km. Ferruccio et Sandro sont deux habitués de ce sentier et c’est pendant l’automne qu’ils l’apprécient le plus : « Les bois sont remplis de châtaignes et les plus beaux arbres à cette période, ce sont les hêtres. Marcher ici m’apporte de la sérénité et de la joie », assure l’un d’eux. Une montée avec 400 mètres de dénivelé.

Pour des jeunes de 20 ans, c’est même un peu physique. Car sur ce chemin de pierre, il y a une difficulté non négligeable : « Le problème principal, ce sont les marches. Ce ne sont pas des marches normales, ça. Elles sont irrégulières, un peu longues, un peu courtes. C’est fatigant », souligne un groupe de jeunes hommes en promenade.

Pour ravitailler les randonneurs affamés, dans les ruelles du village, il y a tout de même deux restaurants. En cuisine, Laura, restauratrice au Foresteria Al Campanile, s’active. Elle prépare un plat réconfortant : la cassoeula, une recette rustique typique de la Lombardie. C’est sa grand-mère qui lui a transmis. Dans cette recette, il y a du chou vert : « C’est un légume de saison. On le cuit avec les parties moins nobles du porc. Car à l’époque, on ne jetait rien. Comme beaucoup de plats de la tradition italienne, c’est un plat pauvre », pointe-t-elle.

Un peu de céleri, des carottes, de l’ail, des ingrédients simples. Et ici, plus qu’ailleurs, l’art d’accommoder les restes : « S’il manque un ingrédient, eh bien tant pis, on fait autrement, on invente autre chose. Et de toute façon, ça ne sert à rien de se prendre la tête, on ne peut pas aller le chercher et on ne le trouvera nulle part », ajoute Laura.

Après leur balade, les promeneurs sont ravis de déguster la cassoeula à la polenta, plat savoureux qui a mijoté pendant de longues heures : « C’est merveilleux. Aujourd’hui, il fait un peu froid et c’est parfait pour un jour comme celui-ci », se réjouit un client attablé. Pour ces visiteurs de passage, le temps semble presque s’arrêter. Un village enchanteur. À Monteviasco, tous nous disent se sentir vraiment libres, comme nulle part ailleurs.





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