/2025/11/03/000-82md2f6-6908836760093909363987.jpg)
Une réunion rendue caduque ? Les députés doivent boucler, lundi 3 novembre, huit jours de débats sur la partie « recettes » du budget de l’Etat, sans espoir de voter sur ce premier volet mardi, comme initialement prévu. Il semble peu probable que le texte puisse trouver une majorité dans l’hémicycle. Pour tenter de dénouer la situation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une réunion avec des représentants des groupes parlementaires au ministère des Relations avec le Parlement, à 13 heures. « Tous les groupes de l’Assemblée nationale sont conviés et reçus en même temps », a expliqué le ministère à franceinfo.
Après La France insoumise, les écologistes et les socialistes ont fait savoir lundi midi qu’ils ne s’y rendraient pas, a appris franceinfo de sources parlementaires. En cause : la « présence du Rassemblement national », ont expliqué les écologistes. « Toute la gauche sera absente », a aussi appris franceinfo de source gouvernementale, ce qui signifie que le groupe communiste sera également absent. Suivez notre direct.
• « Nous sommes sur une voie de passage étroite, mais j’estime qu’elle existe », déclare le numéro un du PS. Olivier Faure s’est montré confiant lundi, sur France Inter. « Ce n’est pas parce que pour l’instant nous ne sommes pas satisfaits qu’il n’y a pas un chemin », a-t-il insisté, affirmant qu’il n’y avait « aucun accord entre le gouvernement et les socialistes ».
• Les grandes fortunes particulièrement taxées en l’état, note Amélie de Montchalin. La ministre des Comptes publics, a affirmé sur RTL que le budget comptait, en l’état, 2,5 milliards d’impôts supplémentaires sur les multinationales, 2,5 milliards d’impôts de moins sur les ménages, et que les « plus fortunés » allaient payer « plus d’impôts que ce qui était en vigueur sous François Hollande avec l’ISF [impôt sur la fortune]« . Face à ceux « qui essayent de trouver un compromis », la ministre a critiqué les « arnaqueurs » et les « illusionistes » qui « cherchent à bordéliser le débat », dénonçant les « forces extrêmes » que constituent selon elle LFI et le RN.
• Le gouvernement « a lâché pas mal de choses », selon le ministre de l’Economie. Roland Lescure estime néanmoins sur BFMTV qu’un « certain nombre de choses votées » à l’Assemblée nationale sur la partie recettes du budget 2026 de l’Etat « sont inopérantes ». Le ministre a assuré que la copie finale devra comprendre un « geste fiscal » mais que le vote n’est pas du tout acquis et que les choses peuvent « dérailler dix fois ». La veille, il a une nouvelle fois plaidé pour « un budget de compromis ». « Tout n’est pas acceptable », a-t-il prévenu. « A ceux qui disent : ‘On va avoir 30 milliards d’euros de recettes magiques’, je réponds : ‘Nous aurons 30 milliards d’ennuis magiques’. »
Qu’ont adopté les députés jusqu’à présent ? Ils ont notamment approuvé la défiscalisation des heures supplémentaires, modifié le taux d’un impôt sur les Gafam et rejeté la taxe Zucman. « Je pense qu’il faut qu’on arrête de créer des impôts », a lancé vendredi soir la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin. « Aujourd’hui, si je compte les mesures sur l’impôt des multinationales, sur les rachats d’actions, sur la taxe sur les super-dividendes et l’ensemble des amendements qui ont été votés, le taux de prélèvements obligatoires atteindrait au moins (…) 45,1% du PIB, c’est plus qu’en 2013 où il était à 44,8% », a-t-elle fustigé. Pour cette dernière journée sur les « recettes », les discussions doivent porter sur la justice fiscale, avec notamment des amendements sur la taxation des plus-values immobilières, ou les droits de succession.