
L’un des deux policiers interpellés après avoir été accusés de viol par une femme au dépôt du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a été mis en examen ce samedi 1er novembre pour viol aggravé, selon son avocat Xavier Nogueras.
Malgré ses déclarations, évoquant une «relation consentie», l’un des deux policiers soupçonnés de viols de Bobigny vient d’être mis en examen pour viol aggravé. Aucune information n’a encore pu être obtenue concernant le second policier mis en cause. Le parquet a requis son placement en détention provisoire, a-t-il précisé.
Selon Me Nogueras, le policier qu’il défend, «a huit ans d’expérience», «est aguerri, expérimenté, passionné par son métier» et «se retrouve en face de quelqu’un qui porte des accusations, alors qu’elle-même est particulièrement habituée aux locaux de garde à vue, de ses propres aveux».
Après avoir «vu trois magistrats, puisqu’elle a été condamnée à une peine de 18 mois d’emprisonnement», cette femme de 26 ans «va très opportunément déclarer que l’acte, qui est reconnu par ailleurs par mon client comme étant un acte parfaitement consenti, aurait été commis sous la contrainte, sous prétexte que celui-ci est en uniforme», a déclaré l’avocat. L’un des deux policiers accusés a filmé la scène et sauvegardé la vidéo dans son téléphone portable.
«Ce qu’on souhaiterait, c’est que le secret soit respecté»
«Il y a un volet évidemment disciplinaire, il y a un volet moral, mais on n’est pas ici pour faire ni de la morale ni de la déontologie des policiers : on est sur un volet pénal et le seul port d’un uniforme ne nous permet pas d’affirmer que celui-ci exerçait une quelconque contrainte sur une personne qu’il dit être seule à l’initiative de ce qu’il s’est passé», a encore affirmé le conseil.
La qualification retenue est viol aggravé par personne ayant abusé de l’autorité que lui confèrent ses fonctions. «C’est très consternant pour nous de constater qu’un dossier a autant fuité dans la presse», avant même que «nous puissions avoir accès au dossier», a par ailleurs déploré Me Nogueras.
«Ce qu’on souhaiterait, c’est que le secret soit respecté le plus longtemps possible pour permettre à ce policier, que nous avons l’honneur de défendre, de pouvoir parler librement et que ce ne soit pas sous pression», a-t-il ajouté.