
Un an après l’effondrement du toit de la gare, la ville de Novi Sad sera de nouveau au centre de l’actualité serbe ce samedi. De nombreux manifestants ont convergé vers cette ville du nord du pays pour une mobilisation d’ampleur contre la corruption.
Un drame toujours dans toutes les mémoires. Depuis maintenant un an, la ville de Novi Sad est le berceau d’un vaste mouvement de contestation qui embrase toute la Serbie. L’effondrement de l’auvent de la gare de la ville, il y a pile un an le 1er novembre 2024, a été le catalyseur de ce soulèvement. Cet événement tragique a depuis jeté dans la rue la jeunesse serbe qui demande la fin de la corruption qui gangrène le pays, des élections anticipées et réclame un État de droit.
Depuis la tragédie, la pression dans le pays n’a fait que s’intensifier sur le gouvernement du président Aleksandar Vucic. Le 22 décembre 2024, plus de 100.000 personnes se réunissaient à Belgrade. Au printemps 2025, de nombreuses marches, qui ont rencontré une véritable ferveur populaire, ont aussi été organisées. Tolérées à leur début, elles ont dû, au cours de l’été, faire face à la répression du pouvoir. Plusieurs étudiants et militants avaient été arrêtés, et la rhétorique du gouvernement s’est durcie. Pour le pouvoir, «les manifestants sont des agents de l’étranger qui fomentent un coup d’Etat».
Des élections anticipées réclamées
C’est dans ce contexte tendu que des milliers de manifestants de toutes les villes du pays ont rejoint Novi Sad ce samedi pour commémorer le premier anniversaire de l’accident qui avait coûté la vie à 16 personnes.
Le président Vucic accuse les participants de préparer des actions violentes. De leurs côtés, les étudiants ont appelé à une commémoration dans le respect des victimes, mais demandent toujours des élections anticipées. Jusqu’à présent, le président Aleksandar Vucic refuse d’accéder à leur demande.
L’inculpation de 13 personnes dans l’enquête sur l’effondrement de l’auvent et l’ouverture de deux autres enquêtes, l’une menée par le parquet anti-corruption et l’autre par le parquet européen sur le possible détournement de fonds européens dans le projet n’ont pas calmé les ardeurs des protestataires. «Un an, zéro responsables» sera le mot d’ordre de la manifestation.