
Les députés ont approuvé en commission, ce vendredi 31 octobre, la suspension de la réforme des retraites proposée par le gouvernement pour échapper à la censure du PS.
Une première étape franchie. Ce vendredi 31 octobre, et malgré les réticences du camp gouvernemental et d’une partie de la gauche, qui dénonce une suspension en trompe-l’oeil, les députés ont approuvé la suspension de la réforme des retraites en commission.
Inséré dans le budget de la Sécurité sociale, l’article sur la suspension de la réforme de 2023, qui portait progressivement l’âge légal de départ à 64 ans, a été approuvé par 22 voix contre 12. Le Rassemblement national et les socialistes ont voté pour.
De leur côté, les députés Les Républicains et Horizons ont voté contre la suspension. «On ne peut pas faire croire aux Français qu’ils ne devront pas travailler collectivement plus», a défendu Justine Gruet (LR). Tout comme les Insoumis, pour des raisons diamétralement opposées. LFI «ne votera jamais aucun texte qui prévoit un report à 64 ans de l’âge de départ», a déclaré Hadrien Clouet, ajoutant sur X : «Il y a une majorité pour l’abroger. Le reste est une pantalonnade».
Non à la tambouille sur nos retraites, non aux mensonges gouvernementaux, non au report à 64 ans de l’âge de départ.
Le problème n’est pas le calendrier mais l’âge !
En accord avec les syndicats, nous refusons le deal sordide PS-Lecornu.#PLFSS2026pic.twitter.com/wkCiNdMaS9
— Hadrien Clouet (@HadrienClouet) October 31, 2025
L’abstention également au rendez-vous
Les Écologistes se sont abstenus, demandant l’intégration des carrières longues au dispositif et des pistes de financement différentes ne reposant pas sur les assurés. Les députés Renaissance se sont aussi abstenus pour ne pas entraver la «discussion» budgétaire, selon Annie Vidal. Le MoDem s’est divisé entre abstentions et votes pour.
Dans sa version actuelle, le projet du gouvernement est de décaler dans le temps l’application de la réforme Borne, jusqu’à janvier 2028, y compris le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein.
Cette suspension coûterait 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard d’euros en 2027, selon le gouvernement. Mais selon le rapporteur Thibault Bazin (LR), le coût sera de «400 millions en 2026 et 1,8 milliard en 2027», avec les carrières longues, et d’autres coûts induits qui n’ont pas été pris en compte.
Le financement de la suspension devait reposer initialement sur les complémentaires santé et les retraites, via notamment une sous-indexation des pensions par rapport à l’inflation.