
Aux Pays-Bas, les électeurs semblent avoir donné leur confiance au parti centriste, selon les sondages de sortie des urnes, ce mercredi 29 octobre. Ces résultats auraient comme conséquence de propulser Rob Jetten au poste de Premier ministre.
Du sang neuf. A seulement 38 ans, Rob Jetten, leader du parti centriste D66, devrait devenir Premier ministre néerlandais. Son parti devrait remporter 27 sièges sur 150 au Parlement, devançant Geert Wilders et son parti d’extrême droite PVV avec 25 sièges.
S’il on en croit les sondages Ipsos réalisés en sortie des urnes, souvent fidèles aux résultats officiels aux Pays-Bas, cette élection placerait le pro-européen Rob Jetten, 38 ans, au poste de Premier ministre.
«Pour des logements abordables, une économie verte et un pays pour tous»
A quelques heures de ces premiers résultats, cette figure politique en pleine ascension aux Pays-Bas appelait les citoyens néerlandais à «marquer l’Histoire» en se laissant guider par «des forces positives». Sur X, son message, bien que succinct, permet de dégager les axes prioritaires de sa politique : «Pour des logements abordables, une économie verte et intelligente, et un pays pour tous. Votez D66. C’est possible».
We kunnen geschiedenis schrijven! Het is tijd om de positieve krachten weer de koers van ons land te laten bepalen. Daarvoor moet iedereen gaan stemmen. Jij en ik. Met vrienden, familie en collega’s. Want als alle positieve krachten zich verenigen, zetten we een punt achter het… pic.twitter.com/TnZRuSkxa8
— Rob Jetten (@RobJetten) October 29, 2025
Aux législatives anticipées, celui qui est entré au Parlement à seulement 30 ans a remporté l’élection grâce à un sprint remarquable mené en fin de campagne. A la tête du D66 depuis 2023, prenant la suite de Sigrid Kaag, il est d’abord catalogué de «Robot Jetten», sous son allure stricte et ses phrases toutes faites.
Une apparition dans un quiz TV qui tombe à pic
Grâce notamment à l’abandon de ses lunettes, qu’il doit à une chirurgie laser des yeux, ainsi qu’à une nouvelle attitude décontractée et enjouée, il ne cesse de gagner en popularité. Il a également été bien aidé par une apparition dans un populaire de culture générale néerlandais, enregistré au printemps dernier mais diffusé lors des semaines précédant le scrutin.
Souvent qualifié d’«intello», il avoue que «c’est vraiment ce qu’il était», plus jeune. Celui qui a grandi à Uden, dans le sud des Pays-Bas, avant d’étudier la science administrative à l’université Radboud de Nimégue, est ensuite entré en politique grâce aux conseils de ProRail, un organisme public gérant le réseau ferroviaire néerlandais. Rapidement, son talent est repéré. Il devient ainsi ministre de l’Énergie et du Climat entre 2022 et 2024, malgré son jeune âge et son manque d’expérience.
Une personnalité assumée, un ancien athlète confirmé
Loin des apparences, Rob Jetten s’est fait un nom dans la sphère de l’athlétisme, où il a notamment partagé des entraînements avec Sifan Hassan, devenue championne olympique d’athlétisme. Il lui servait notamment de «lièvre», c’est à dire de coureur permettant d’imposer le rythme souhaité par le sportif entraîné. Il ne cache pas que plus jeune, «le football et l’athlétisme étaient ses plus grandes passions».
Sa vie privée a également beaucoup fait parler : il est en couple avec le joueur de hockey sur gazon argentin Nicolás Keenan depuis 2022. Leur mariage est d’ailleurs prévu l’été prochain, en Espagne. Une attirance homosexuelle parfaitement assumée par l’homme politique, qui a notamment déclaré : «Mais en grandissant et en découvrant davantage mon identité, il était assez difficile pour moi de ne pas pouvoir m’identifier à des athlètes homosexuels de haut niveau», revenant à son intérêt passionel pour le sport.
Définitivement progressiste, Rob Jetten veut ainsi «éradiquer tout le négativisme qui règne aux Pays-Bas depuis quelques années». Il tient également à rapprocher de nouveau son pays de l’Europe, «car, sans coopération européenne, nous ne sommes nulle part». Un nouveau souffle s’apprête donc à irradier notre voisin septentrional.