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En Alsace, il y aura bien une taxe poids lourds pour tous les camions qui traversent la région. Ce sera 15 centimes par kilomètre afin de décourager les routiers étrangers qui font un détour par la région pour éviter le péage autoroutier en Allemagne. Ce qui provoque la colère des transporteurs français.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Une autoroute embouteillée, saturée par des transporteurs français et étrangers. Chaque jour, 10 000 poids lourds empruntent l’A35, comme Benjamin Exmelin, chauffeur routier pour une entreprise alsacienne. « Il n’y a pas un jour où je ne monte pas dessus, tout simplement », assure le conducteur. À partir de janvier 2027, traverser l’autoroute lui coûtera 15 centimes le kilomètre. Une taxe votée par la collectivité européenne d’Alsace pour décourager les chauffeurs étrangers à transiter sur ces routes. Ils veulent éviter la « Maut », l’éco-taxe allemande mise en place depuis 2005. Une nouvelle qui inquiète les professionnels de la région. « Le problème, c’est que nous ne sommes pas les seuls concernés. Ça va concerner les acheteurs, tout va augmenter. Je crains que le transport se casse la figure, tout simplement », indique Benjamin Exmelin.
La taxe sera directement récoltée par un boîtier. Pour ne pas pénaliser les transporteurs alsaciens, un abonnement, au mois, avec une réduction de 15 à 20 % de l’éco-taxe, est actuellement en réflexion. « On a travaillé là-dessus, on a travaillé aussi sur l’exonération possible des transporteurs locaux. Le cadre européen ne nous permet pas d’aller aussi loin qu’on souhaiterait. Si je pouvais, je ne taxerais que les camions étrangers », détaille Frédéric Bierry, président (Centre-droit) de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA).
Un allègement pas assez significatif selon les professionnels. Dans une conjoncture déjà difficile, la survie de certaines entreprises locales serait même menacée. « Si on fait le calcul avec dix véhicules qui font quatre trajets par jour à 50 euros, je vous laisse faire le compte, ça fait 500 euros par jour. Si on ne peut pas répercuter cette taxe, l’entreprise mourra », alerte Brigitte Kempf, dirigeante de Transports Kempf et co-présidente FNTR Alsace.
Deux cents kilomètres de route sont concernés par cette éco-taxe. La collectivité espère une baisse du trafic poids lourds de 5 à 10 % sur ces autoroutes.