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À Châtelet Les Halles, en plein cœur de la capitale, la police veille 11 heures par jour pour lutter contre violence et trafics. Depuis six mois, les interpellations explosent et une cellule judiciaire dédiée renforce la réponse pénale pour restaurer l’ordre dans ce quartier très fréquenté.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
11 heures par jour, 7 jours sur 7, ils assurent la sécurité du centre névralgique de Paris. À Châtelet-les-Halles, l’un des quartiers les plus visités de la capitale, une brigade spécialisée contrôle sans relâche pour dissuader. Pour notre reportage, nous avons équipé ces policiers d’une caméra discrète.
Parmi les jeunes contrôlés ce jour-là, certains sont connus pour racketter, comme une adolescente de 14 ans. Quelques mètres plus loin, un homme détenteur d’un couteau est interpellé. Il sera présenté à la justice.
Depuis six mois, le quartier est confronté à une hausse de la violence : bagarres, rassemblements festifs qui dégénèrent en affrontements… Le nombre d’interpellations a explosé, avec une augmentation de plus de 56 % par rapport à l’an dernier. Une atmosphère pesante dont témoigne un restaurateur, ayant assisté à une arrestation musclée la semaine précédente : « J’ai vu la police courir juste derrière et attraper la personne vraiment à deux mètres de moi. Ce n’est pas terrible. »
Pour enrayer le phénomène, Laure Beccuau, procureure de Paris, a lancé un dispositif sur mesure : une cellule de policiers et de magistrats entièrement dédiée au quartier. La sévérité est accrue. Aux Halles, désormais, les personnes interpellées sont systématiquement déférées et présentées à la justice. « D’une certaine manière, la réponse pénale a été augmentée d’un grade, c’est-à-dire que le déferrement y est systématisé, ce qui n’est pas nécessairement le cas pour, par exemple, des vols simples dans d’autres quartiers. » souligne Laure Beccuau.
Cette stratégie a permis, pour l’heure, d’éliminer le gros du trafic de drogues dans les souterrains des Halles. Il y a encore quelques jours, ces tunnels abritaient une dizaine de toxicomanes, aussi bien vendeurs que consommateurs. Un policier raconte :« Cinq, six fois par jour, des collègues passent ici. Certains, à force d’être interpellés, en ont un peu marre de finir en garde à vue, donc oui, ça décourage grandement le phénomène. »
Depuis le début de l’année, les forces de l’ordre ont réalisé plus de 2 000 interpellations dans le quartier.