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Après trois jours de négociations parlementaires pour construire le budget 2026, les voix politiques sont partagées. Certains se disent optimistes, d’autres, comme Olivier Faure du Parti socialiste, font planer la menace d’une censure d’ici le 1er novembre. Les tractations s’accélèrent et la journée du samedi 25 octobre a montré que de nombreux rebondissements sont encore possibles.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Depuis vendredi 24 octobre, échanges à fleurets mouchetés à l’Assemblée. « Madame la Ministre, vous avez le premier rôle. Vous êtes une excellente comédienne« , lance Jean-Philippe Tanguy, député RN. « J’ai l’impression que le seul qui fait du théâtre ici, c’est vous, Monsieur le Député« , répond Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics. Alors, les débats s’enlisent. « Cela fait un jour et demi qu’on débat. On a discuté de 150 amendements, soit à peine 5% du budget« , rappelle un député. Chacun veut imposer sa mesure. Mais dans ce contexte, l’examen du projet de loi de finances peut-il aller au bout ?
À écouter la ministre des Comptes publics dimanche 26 octobre au matin, pas d’inquiétude, la France aura bien un budget à la fin de l’année : « Oui, je crois que c’est possible. Ça se construit. C’est une méthode nouvelle. » Pourtant, samedi 25, le gouvernement a subi deux revers majeurs. La droite et même une partie des macronistes ont rejeté le gel du barème de l’impôt sur le revenu et adopté la défiscalisation intégrale des heures supplémentaires. « La droite est là pour empêcher l’État d’augmenter les impôts« , assure Laurent Wauquiez, député Droite Républicaine de Haute-Loire.
Bilan : près de 3 milliards d’euros de manque à gagner pour l’État, et des socialistes très en colère. « Les heures supplémentaires et le barème de l’impôt, ça coûte un bras et ça va profiter aux plus riches, s’exaspère un député PS. Ça ne va pas dans l’idée de justice fiscale qu’on demande. » D’autant que le sujet le plus épineux n’a pas encore été débattu : l’imposition des hauts patrimoines. En coulisses, Olivier Faure et Sébastien Lecornu enchaînent donc les coups de fil ces dernières heures pour tenter de nouer un accord.
« Le sujet numéro un, c’est une taxe pour les riches, admet un député macroniste. Quelle forme pourrait satisfaire le PS sans être imbécile comme la taxe Zucman ? » Les socialistes en ont élaboré une version allégée pour essayer d’amadouer le bloc central, sans réponse pour le moment. Peut-être viendra-t-elle de Matignon, où le Premier ministre doit recevoir, lundi 27 octobre, des cadres de la droite et du centre.