« Il n’y a pas aujourd’hui de compromis entre la politique que veut faire Emmanuel Macron et une politique véritablement au service du peuple », affirme la député insoumise Danièle Obono, suite à l’ouverture des débats budgétaires

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Invitée politique de « La Matinale » samedi 25 octobre, Danièle Obono, députée de la France insoumise, évoque le bras de fer entre les députés à l’Assemblée nationale, alors que l’examen du budget 2026 a débuté.

Dans « La Matinale » du samedi 25 octobre, la députée de la France insoumise, Danièle Obono, réagit aux débats ayant lieu actuellement à l’Assemblée nationale lors de l’examen du budget 2026. Entre menaces de censure, taxe Zucman ou encore justice fiscale, le compromis semble lointain. « Tous ceux qui se raccrocheront à la macronie en perdition couleront avec elle », assène-t-elle.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.

Djamel Mazi : Est-ce que vous croyez à un compromis ?

Danièle Obono : Ça dépend sur quoi. Parce que si ça doit se faire sur le dos des Français et des Françaises, des classes moyennes et populaires qui subissent depuis huit ans les mêmes politiques, ce ne sont pas des compromis acceptables. Ce sont des compromissions, des comptes d’apothicaire et ça ne tiendra pas tout simplement parce que le pays ne pourra pas continuer dans les conditions dans lesquelles il subit aujourd’hui ces politiques et ces coupes budgétaires.

Le gouvernement parle de justice fiscale avec notamment une taxe sur les holdings patrimoniales alors que vous, vous évoquez un budget antisocial et inégalitaire. Qu’est-ce qui est injuste dans ce texte ?

Tout. C’est la continuité de toutes les politiques qui nous ont mis précisément dans la crise économique et sociale que subissent les Français et les Françaises. Le plan budgétaire de Monsieur Lecornu, c’est le plan de François Bayrou avec les mêmes coupes qui vont s’abattre encore une fois sur les classes moyennes et les classes populaires. Il y a près de 50 milliards de coupes qui vont s’abattre sur les services publics et la protection sociale ainsi qu’avec le refus de voir le vrai problème. Ce n’est pas une question de dépenses, c’est une question de recettes. Et sur cette dernière, il y a un refus de prendre l’argent là où il est pour pouvoir répondre aux besoins fondamentaux encore une fois. Un budget sert à répondre aux besoins de la population. 

Où faut-il prendre l’argent ?

Ces dépenses peuvent être financées, et nous en avons fait la démonstration. Les personnes très privilégiées ont vu leur fortune doubler au cours des huit dernières années, sous le mandat d’Emmanuel Macron.

Cela signifie-t-il qu’il faut instaurer la taxe Zucman ?

Il faut non seulement la taxe Zucman qui est un plancher mais on pourrait aller plus loin. Il y a aussi des taxes sur les multinationales par rapport aux bénéfices réels qu’elles font. En France, on est à des niveaux de 20 à 25 milliards. Rien que ces deux mesures permettraient d’obtenir 45 milliards de recettes supplémentaires. Dans la journée, nous allons enfin pouvoir discuter de nos propositions sur une réforme de l’impôt sur le revenu qui permettrait de lisser et de faire contribuer mieux et plus justement. Il y a donc des marges de manœuvre mais il y a simplement un refus de les utiliser. Et au-delà de Monsieur Lecornu, c’est le choix d’Emmanuel Macron. Il devrait prendre ses responsabilités et comprendre que le peuple ne veut plus de sa politique. Il doit laisser la place pour que de vraies politiques de justice sociale se mettent en place.

Le bloc central, la droite et le Rassemblement national ne veulent pas de la taxe Zucman. Les socialistes, eux, proposent une taxe Zucman allégée, appelée la taxe Light, un impôt minimum sur ces très hauts patrimoines. Est-ce que ça vous paraît sincère ou opportuniste ?

Je pense que le Parti socialiste fait une grave erreur et, voire même une faute politique en se compromettant de la sorte. Hier, ils sont revenus sur un engagement qui faisait partie de notre contrat de législature sur la question de l’impôt universel pour lutter contre l’exil fiscal. Au fur et à mesure, on voit la manière dont ils rétropédalent sur des mesures pour lesquelles ils ont été élus. Il n’y a pas aujourd’hui de compromis entre la politique que veut faire Emmanuel Macron, c’est-à-dire faire payer les classes moyennes et populaires, et une politique véritablement au service du peuple. Et tout ce qui est fait pour sauver le soldat Lecornu et le soldat Macron est voué à l’échec parce que ça ne tient pas. La preuve lors des débats en commission de la première partie du budget, qui a été rejeté parce qu’il n’y a pas de politique budgétaire globale d’ensemble qui permette de répondre à une vision politique. Nous ne voulons pas nous mettre à accepter simplement 25 % de coups budgétaires ou 50 % au lieu des 150 %. Ce n’est pas acceptable parce que ce n’est pas vivable pour les millions de gens qui vivent dans ce pays. C’est vraiment une erreur de la part des socialistes qui se trompent lourdement aujourd’hui en essayant de créer cette espèce d’alliance avec le bloc gouvernemental. Tous ceux qui se raccrocheront à la macronie en perdition couleront avec elle.

Pour vous, le PS s’accroche à la macronie en perdition ?

C’est littéralement ce qu’on voit depuis le vote de la non-censure. Ces négociations sont une sorte de mauvais cirque.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.





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