deux frères condamnés, le caractère antisémite non retenu

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By InfoHunter



Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné ce mercredi 22 octobre deux frères pour avoir abattu mi-août à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) un olivier planté en mémoire d’Ilan Halimi, l’un à huit mois de prison ferme, l’autre à huit mois de prison avec sursis. Le caractère antisémite n’a pas été retenu.

Un jugement attendu. Les deux frères jumeaux ayant abattu mi-août à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) un olivier planté en mémoire d’Ilan Halimi, ont été condamnés ce mercredi par le tribunal correctionnel de Bobigny.

Le tribunal les a déclarés coupables de destruction du bien d’autrui aggravée mais les a relaxés du fait de violation d’un monument dédié à la mémoire des morts commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion, estimant qu’il n’y avait pas assez d’éléments permettant d’établir que les deux hommes avaient conscience qu’il s’agissait d’un monument en la mémoire d’Ilan Halimi, jeune Juif torturé à mort en 2006.

Le caractère antisémite n’a pas été retenu. Une décision qui a créé une vive polémique et suscité une cascade de commentaires.

Brahim K., cheveux courts bouclés, vêtu d’une polaire grise, a été condamné à huit mois d’emprisonnement et a été maintenu en détention. Son frère Ismaël K., cheveux rasés, veste de sport noire sur le dos, a reçu pour sa part une peine de huit mois d’emprisonnement avec sursis.

La procureure avait de son côté réclamé 12 et 15 mois de prison, assurant que les deux hommes avaient «porté atteinte à la mémoire d’Ilan Halimi, parce que c’est un symbole». L’abattage de l’arbre en mémoire d’Ilan Halimi, qui est survenu dans la nuit du 13 au 14 août, avait suscité une indignation unanime au sein de la classe politique.

L’olivier avait été planté en 2011 au jardin d’Alcobendas d’Epinay-sur-Seine, ville d’un peu plus de 50.000 habitants, située à une dizaine de kilomètres au nord de Paris.

Dans le téléphone d’Ismaël K., une vidéo de son frère jouant avec une tronçonneuse à proximité de la stèle et de l’arbre en mémoire d’Ilan Halimi, avait été retrouvée trois jours avant l’abattage.

«Pourquoi avez-vous filmé votre frère ? D’où venait la tronçonneuse ?», a demandé la présidente avec insistance. «C’était à un jardinier. Il voulait qu’on vérifie qu’elle fonctionnait», a répondu depuis le box et avec beaucoup de difficulté l’un des prévenus.

Les deux frères avaient été interpellés quelques jours après les faits. Les enquêteurs avaient découvert que leurs téléphones bornaient dans le parc la nuit des faits. 

Leur ADN avait également été prélevé sur des morceaux de pastèque retrouvés le 14 août autour du tronc coupé, avait indiqué une source proche du dossier. Celle-ci avait relevé que la pastèque est depuis longtemps un fruit symbole de la résistance du peuple palestinien face à Israël.

«Un assassinat post-mortem»

Au cours de l’audience, Me Alain Jakubowicz, qui plaidait pour la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), SOS Racisme et l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), avait dénoncé «un attentat contre la mort, un assassinat post-mortem», estimant : «C’est lourd de symbolique cette volonté de gommer jusqu’à la mort au-delà de la mort».

Pendant leurs plaidoiries, les avocats de la défense ont dénoncé un dossier fragile à l’encontre de leurs clients «qui n’avaient qu’un an quand Ilan Halimi est mort». «Ils savent comme tout le monde ce qui se passe à Gaza, mais leur affaire ce n’est pas le conflit en cours, leur affaire c’est de manger, trouver où dormir et recharger leur téléphone», a assuré Me Romain Ruiz.

Citoyen français de confession juive, Ilan Halimi, 23 ans, avait été séquestré et torturé en janvier 2006 à Bagneux (Hauts-de-Seine) par un groupe d’une vingtaine de personnes qui se faisait appeler le «gang des barbares», sous la direction de Youssouf Fofana. 

Découvert agonisant au bord d’une voie ferrée à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Essonne, le jeune homme était mort pendant son transfert à l’hôpital un peu moins d’un mois plus tard.

Deux autres arbres plantés en hommage à Ilan Halimi, dont l’un portait sa photo, avaient été sciés en 2019 à Sainte-Geneviève-des-Bois. De nouveaux arbres ont depuis été replantés, y compris en septembre dernier à Epinay-sur-Seine.





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