ce qu’il faut retenir des émouvants témoignages de la famille et de l’interrogatoire de Dahbia Benkired

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By InfoHunter



La quatrième journée du procès de Dahbia Benkired, jugée pour le viol et le meurtre de la petite Lola, s’est achevée ce mercredi 22 octobre. Une séquence marquée par des moments forts, avec les témoignages de la famille de la victime, et éprouvants avec l’interrogatoire de l’accusée. 

Une journée douloureuse et riche en émotions. Ce mercredi 22 octobre s’est tenue devant la cour d’assises de Paris la quatrième journée du procès de Dahbia Benkired, l’Algérienne de 27 ans jugée pour le viol et le meurtre de Lola, 12 ans, le 14 octobre 2022 dans le 19e arrondissement de la capitale. 

Au cours de cette journée, l’accusée, qui présente des «traits psychopatiques» selon l’expert psychologue, n’a eu de cesse de répéter «ne pas comprendre très bien le français». Si la matinée était plutôt consacrée à l’analyse de sa personnalité, l’après-midi était en partie consacré à son interrogatoire et aux faits qui lui sont reprochés.

Avant ce moment, à la fois redouté et très attendu pour tenter de saisir l’impossible, les deux premières heures de l’audience de l’après-midi, était dédiées aux auditions des parties civiles. Et c’est la maman de Lola, Delphine Daviet, qui s’est d’abord présentée à la barre. Un témoignage puissant et poignant, laissant la salle Victor-Hugo du Palais de Justice dans un silence de cathédrale.

«Je voulais tout d’abord vous remercier de me donner ce temps de parole. Je vais vous parler de ma Lola. Lola est une jeune fille joyeuse, sociable, elle prend tout le monde à la confiance. Avant ce drame, nous avions une vie de famille très simple, très à l’écoute. On était toujours ensemble», s’est remémorée la mère de famille les yeux noyés de larmes.   

Delphine Daviet est ainsi revenue sur cette journée «d’horreur» du 14 octobre 2022, racontant : «Ce vendredi-là, à la mi-journée, Lola est venue manger le midi et est repartie en me disant « A tout à l’heure »». Une phrase banale qui allait sceller un adieu avec sa fille tant aimée. S’adressant à l’accusée, Dahbia Benkired, elle lui a lancé : «Mon cœur de maman est meurtri à jamais. Ce n’est pas nous les coupables, c’est cette chose. Le diable». 

Durant plusieurs minutes, des photos de Lola sont ensuite projetées dans la salle : on y voit l’enfant avec sa marraine, sa grand-mère, ses parents, son frère Thibault… Autant d’images d’un bonheur éteint pour une famille blessée, meurtrie à jamais. Lorsque le président demande à Delphine Daviet de décrire le caractère de Lola, elle dit qu’il est «bien trempé», mais conjugué à une nature «très joviale». Et d’ajouter : «Lola ne manquait pas de respect aux personnes adultes. Elle savait faire la part des choses avec tout le monde. J’ai du mal à parler au passé. Je crois que je ne m’en remettrai jamais». 

«Ne demandez pas autre chose que la perpétuité»

Aujourd’hui, Delphine Daviet dit se battre pour son fils Thibault, pour son époux qui est mort de chagrin et bien évidemment pour sa fille. Elle l’assure, pour elle, Dahbia Benkired, «cette chose», «ne lui enlèvera pas l’amour de sa famille». Puis vient cette demande qu’elle a adressé au tribunal : «Je demande à la justice pour que cette chose soit enfermée à jamais. Qu’elle soit un exemple pour toute la France. Ne demandez pas autre chose que la perpétuité». 

A la suite de ce témoignage très émouvant, au milieu d’une salle silencieuse et concentrée, c’est la sœur de Delphine, Sabine, qui a pris la parole. Dans un long discours, elle a apporté son soutien à sa sœur. «Depuis son drame, on fait tout pour Delphine, on vit Delphine, on essaye de comprendre Delphine». 

A la barre, elle se souvient de la découverte du corps de Lola, de l’état de sa famille après l’annonce du meurtre, et même du jour de l’autopsie. A l’institut médico-légal, ils n’ont vu la petite fille «qu’à travers une vitre». 

Plusieurs cousins et cousines de Lola ont également témoigné. Parmi eux figure Jonathan. Ce dernier a soumis un message directement à l’accusée : «On a compris que vous avez une vie difficile et que vous avez perdu vos parents, on a compris que vous êtes dans la drogue. On a compris que vous êtes dans la prostitution que l’on vous a peut-être violée. Je tiens à rappeler qu’il y a quelques années j’ai perdu mon père dans un accident de la route. Mon choix était d’avancer», dit-il.

«Vous nous avez volé Lola d’un meurtre atroce, on est resté debout, la vie nous a encore accablé sur notre sort. On continue d’avancer. On entend les circonstances du drame, on n’arrête pas de se mettre à la place de ce que Lola a pu vivre, et pourtant on est là à entendre vos excuses. Malgré les aléas de la vie, on a fait le choix d’avancer», a-t-il appuyé.

«Depuis quelques jours on entend que vous avez été violée, que votre ex-conjoint était violent avec vous, etc. vous vous êtes défoulée sur une petite fille qui n’a rien demandé. Je vous pose la question : on vous a forcé à faire ça ? Ou c’était votre choix ?», s’interroge-t-il encore, «Tout ça pour dire que les choix, on les fait nous-mêmes». 

La dernière personne à avoir pris la parole à la barre est Thibault, le frère de Lola. Dans un message courageux, ce dernier a apporté tout son soutien à Delphine Daviet. «Je remercie ma mère d’être toujours là pour moi. J’essaye de faire la même pour elle, d’être là au maximum. Je t’aime, je voulais que tu le saches», déclare-t-il à son attention, avant qu’elle vienne le rejoindre à la barre et que mère et fils se prennent dans les bras.

S’adressant à Dahbia Benkired, Thibault déclare : «C’est toute une famille qu’elle a fait pleurer, qu’elle fait toujours pleurer maintenant. Elle a tué une fille, un père, même si elle n’a pas… vous m’avez compris. C’est tout ce que j’ai à dire. (…) Je n’attends plus la vérité. Avec tout ce qu’elle raconte, elle raconte plusieurs histoires. On veut savoir la vérité, et je sais que je l’aurai pas». 

Les explications surréalistes de l’accusée

Enfin, aux témoignages douloureux des proches, a succédé l’interrogatoire de l’accusée. Questionnée par le président du tribunal sur le déroulé des faits, elle a semblé complètement déconnectée de la réalité, donnant parfois des explications lunaires sur ses atrocités. Elle a donc d’abord raconté avoir vu Lola dans le jardin de l’immeuble. Et, selon ses dires, elle lui aurait alors demandé de lui ouvrir la porte parce qu’elle n’avait pas le badge. Une rencontre qui, de manière insensée, aurait nourrit chez Dahbia Benkired une sorte de «vengeance», une envie «sexuelle» et de faire du «mal à quelqu’un». 

«J’avais trop de haine en moi, je voulais la sortir en faisant du mal à quelqu’un. Je n’ai pas choisi, c’était comme ça, c’était la première personne que j’ai croisée», a-t-elle dit face à une assistance médusée. 

D’après Dahbia Benkired, c’est ainsi qu’elle aurait rencontré Lola et lui aurait demandé de la suivre dans l’appartement de sa soeur, situé au 6e étage, pour l’«aider à descendre les valises». Selon elle, Lola avait refusé, indiquant que ses parents étaient les gardiens de l’immeuble et qu’elle ne voulait pas la suivre. L’accusée aurait décidé de monter seule et de descendre les valises. Mais alors qu’elle était dans l’ascenseur, au rez-de-chaussée, elle aurait retrouvé à nouveau Lola. 

Une fois la porte de l’ascenseur ouverte, Dahbia Benkired aurait alors tiré Lola par la main et l’aurait entraînée jusqu’à l’appartement. L’accusée a affirmé que la fillette n’a pas réagi, une version difficilement crédible, au vu des images de vidéosurveillance et des différents témoignages.

Enfermée avec Lola, Dahbia Benkired aurait donc demandé à Lola de se déshabiller, avant de lui toucher la poitrine. A ce premier attouchement sexuel, auquel suivra un cunnilingus, ont succédé les coups. «Je lui ai claqué la tête contre le mur, c’était vite fait, a-t-elle dit froidement, après je suis sortie, je l’ai laissée prendre sa douche (…) Pour moi, vu qu’elle n’a pas dit non, c’est oui».

Interrogée sur la quarantaine de plaies de lames relevées par les médecins légistes, Dahbia Benkired ne reconnaît que deux coups dans le dos, quand bien même la fillette a bien subi un ou plusieurs viols. Concernant le scotch adhésif, collé tout autour des pieds et de la tête de Lola et qui l’asphyxiera vers la mort, elle ajoute : «Ce n’est pas que je voulais la tuer, c’est que je voulais faire du mal à quelqu’un. Et puis comme je l’ai violée, je me suis dit autant la tuer».

Dahbia Benkired a aussi dit avoir vu une sorte de «fantôme qui ne réagissait pas, ne parlait pas». Interrogée pour savoir si elle avait déjà vu un fantôme auparavant, elle a indiqué que c’était «la première fois» que cela lui était arrivé. «Mais, j’ai déjà eu la sensation que quelqu’un me touchait. Mais, ce n’était pas un être humain. Je pense que ça existe chez nous : c’est les Djinns (des esprits en arabe)», a-t-elle fait connaître.

Enfin, concernant les chiffres «1» et «0» écrits sous chaque plante des pieds au vernis, l’accusée a assuré avoir vu sa victime «comme un mouton qu’on égorge en Algérie quand elle a tremblé». Des convulsions, en réalité, qui accompagneront Lola pendant son agonie. Alors elle l’a marquée comme les ovins. 

Le verdict est attendu vendredi. Dahbia Benkired encourt la réclusion criminelle à perpétuité. 



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