
Une nouvelle circulaire du ministère de la Justice prenant effet ce lundi 20 octobre instaure le fait que toutes les victimes d’infractions pénales seront désormais notifiées de la sortie de prison de leur agresseur.
Affirmant vouloir «changer totalement le paradigme du ministère de la Justice», Gérald Darmanin avait annoncé une nouvelle circulaire pour «mettre la victime au centre» et non l’accusé. Celle-ci, entrée en vigueur ce lundi 20 octobre, implique que toutes les victimes d’infractions pénales soient prévenues de la libération de leur agresseur.
«Il est normal, si vous êtes victimes de viol (…) que vous puissiez savoir quand la personne va sortir de prison», avait expliqué Gérald Darmanin, le 14 octobre dernier, sur LCI.
Le garde des Sceaux estimait que cette circulaire devait remédier au fait que «les victimes sont les grandes oubliées de l’action publique en général, et du ministère de la justice, en particulier». Il avait souligné le fait que certaines sont «particulièrement vulnérables», notamment «les enfants qui sont les très grands oubliés de la politique pénale».
Nous allons mettre les victimes au cœur de l’action de la Justice, les considérer avec davantage d’humanité et d’empathie. Le ministère de la Justice est celui des victimes. pic.twitter.com/WEl3UPQaMZ
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) October 20, 2025
Selon Gérald Darmanin le fait de ne pas mettre au courant la victime peut «créer des drames», à l’image du suicide du jeune Yanis, 17 ans, qui avait mis fin à ses jours en mars après avoir appris la sortie de prison de l’homme qui l’avait agressé sexuellement.
Car l’objectif, au-delà de la notification de la victime, est de mettre en place des dispositifs de protection ou d’accompagnement, si nécessaire. Cette circulaire exige en effet que les personnes concernées puissent être «reçues à leur demande» par les instances judiciaires.
Les magistrats pointent un manque de moyens
Ce genre de procédure était déjà prévue dans les cas de violences conjugales, par un décret datant du 24 décembre 2021 et entré en vigueur en février 2022. Désormais, elle s’étend à toutes les victimes d’infractions pénales contre les personnes.
Si la pertinence de la mesure est globalement saluée, les magistrats ont toutefois alerté sur le manque de moyens de la justice pour la mettre en place.
Auprès de La Croix, la responsable de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis, Alice Casagrande, insiste aussi sur la nécessité de prévenir les victimes «à temps et pas la veille de la libération», pour leur laisser le temps d’obtenir l’aide dont elles ont besoin.