55 ans après la disparition d’une fillette, sa famille menace de dévoiler l’identité du principal suspect

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By InfoHunter



La famille d’une fillette disparue il y a plus de 50 ans en Australie accuse la police d’avoir bâclé l’enquête et menace de révéler le nom du principal suspect pour faire enfin avancer le dossier.

Cheryl Grimmer, 3 ans à l’époque, aurait été enlevée sur la plage de Fairy Meadow à Wollongong, en Australie, en janvier 1970. Alors que la vérité n’a jamais été révélée dans ce dossier, la famille de la fillette, qui demande une nouvelle enquête, menace de révéler le nom du principal suspect, jusqu’ici tenu secret.

Celui que l’on surnomme «Mercury» a été inculpé de l’enlèvement et du meurtre de Cheryl Grimmer mais, en 2019, son jugement a tourné court lorsque ses aveux détaillés, recueillis lorsqu’il était adolescent, ont été jugés irrecevables. Les charges à son encontre avaient alors été abandonnées.

D’après la BBC, son identité a justement été gardée secrète car il était mineur aux moments des faits. La famille de Cheryl Grimmer a toutefois trouvé en Jérémy Buckingham, un parlementaire de la Nouvelle-Galles du Sud, une solution pour lui mettre la pression.

Ce politicien a en effet proposé de révéler l’identité de «Mercury» en profitant de son privilège parlementaire. Cette immunité juridique bénéficie aux membres de certaines législatures, les protégeant d’éventuelles poursuites pour les actes ou déclarations accomplis dans l’exercice de leurs fonctions législatives.

Ce vendredi, le frère de Cheryl Grimmer, Ricki Nash, a donc posé un ultimatum : «Mercury a jusqu’à mercredi soir». Il demande au suspect d’expliquer comment il a eu connaissance des informations révélées dans ses aveux et exige «que la vérité éclate».

Cheryl Grimmer était sur la plage de Fairy Meadow avec sa famille le 12 janvier 1970. Quand ses parents ont décidé de quitter les lieux, ils ont demandé à leur fils aîné, Ricki Nash, d’emmener ses frères et soeurs aux toilettes.

Lorsque Cheryl s’est précipitée dans le vestiaire des femmes, refusant d’en sortir, son grand frère, gêné à l’idée d’y entrer, était allé chercher de l’aide auprès de sa mère. Le temps qu’ils reviennent, 90 secondes plus tard, la fillette avait disparue.

«Incompétence» et «négligence»

Les recherches n’ont rien donné à l’époque, jusqu’à ce que les policiers retrouvent les aveux d’un adolescent datant de 1971. Ils ont conduit à l’inculpation en 2017 de «Mercury», un homme d’une soixantaine d’années, avant d’être jugés irrecevables.

Dans un long communiqué publié ce vendredi, la famille de l’enfant dit avoir «fait plusieurs demandes aux autorités de Nouvelle-Galles du Sud pour de nouvelles poursuites ou une nouvelle enquête, mais en vain».

Elle détaille les faux-pas commis par la police, qui a, selon elle, fait preuve d’«incompétence» et de «négligence» en explorant des pistes qui «paraissaient absurdes».

Une récompense d’un million de dollars

Les forces de l’ordre de la Nouvelle-Galles du Sud se sont défendues dans un communiqué, assurant que «la police continue d’examiner chaque piste d’enquête et de rechercher des réponses sur la mort de Cheryl». Elle rappelle notamment avoir proposé une récompense d’un million de dollars australiens (environ 555.290 euros) pour toute information décisive.

En 2022, trois témoins potentiels se sont manifestés après la diffusion d’un podcast sur l’affaire. Mais la famille de Cheryl Grimmer a appris qu’un récent réexamen du dossier a conclu qu’il n’y avait pas de nouvelles preuves pouvant conduire à une condamnation… alors même que ces trois personnes n’ont pas été formellement interrogées par les policiers.

Récemment, le Parlement de la Nouvelle-Galles du Sud a annoncé une enquête sur les disparitions de longue date dans l’Etat, dont celle de Cheryl. Elle doit plus particulièrement examiner la manière dont les recherches ont été menées, afin d’en tirer des pistes d’amélioration.

Malgré cette annonce, Ricki Nash n’a pas renoncé à son ultimatum et sa famille a même décidé de reprendre les investigations, avec l’aide de bénévoles. Elle a notamment fait appel à des chiens détecteurs de cadavres pour fouiller une «zone d’intérêt» et a collecté des échantillons de sol pour les faire analyser.





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