
Des experts ont jugé que la position antivax des États-Unis était responsable de l’épidémie de rougeole dans le pays, mais aussi sur tout le continent.
Alors que la rougeole avait été éliminée en 2016, puis en 2024, le continent américain ne détiendra certainement plus son statut de pays exempt de rougeole, puisque plus de 10.000 cas ont été recensés dans diverses nations d’Amérique du Nord et d’Amérique latine.
Avec plus de la moitié de ces cas, les États-Unis et le Canada sont actuellement les plus touchés par la rougeole. Vient ensuite le Mexique, pays le plus impacté d’Amérique latine (avec plus de 4.800 cas, mais surtout 22 décès).
Une inquiétude qui a poussé le Brésil à agir
Davantage inquiet, le gouvernement brésilien a lancé en octobre une campagne nationale de vaccination à l’intention des enfants, adolescents et adultes n’ayant pas reçu le vaccin. Si le Brésil est confronté à quelques dizaines d’infections, il ne prend pas la situation à la légère et de nombreux protocoles ont déjà été mis en place.
Parfaite illustration début octobre, lorsqu’une fillette de 9 ans a été testée positive à la rougeole, des infirmiers équipés de protection se sont rendus à l’école où se trouvait l’enfant et ont effectué une vaccination en anneau, c’est-à-dire une vaccination de tous les cas contact.
«Les épidémies aux États-Unis constituent une menace pour les pays voisins»
Le Brésil, comme tous les autres pays voisins des États-Unis, sont craintifs quant à la situation, mais surtout par rapport à la politique américaine menée à ce sujet. Amira Roess, professeur de santé mondiale et d’épidémiologie à l’Université George Mason de Virginie, a assuré que «les épidémies aux États-Unis constituaient une menace pour les pays voisins».
Elle ajoute : «Soudain, on est plus susceptible de croiser une personne atteinte d’une maladie infectieuse aux États-Unis. On visite les États-Unis, on en ramène des souvenirs et on peut aussi repartir avec la rougeole».
C’est notamment ce qu’il s’est passé en février. Le premier cas de rougeole au Mexique a été importé du Texas. Cet État américain avait subi une épidémie de rougeole au début de l’année. Mais Robert Kennedy Jr, l’actuel ministre de la Santé des États-Unis, avait déclaré privilégier le traitement à la vitamine A, plutôt que de favoriser la vaccination.
De quoi indigner la communauté scientifique, qui s’était fait entendre. «La vitamine A ne remplace pas la vaccination», avait notamment lancé le Dr Megan Ranney, dans les colonnes de nos confrères de CNN. «La vitamine A n’a pas vraiment de rôle à jouer dans le débat actuel sur l’épidémie de rougeole dans l’ouest du Texas, car elle devient une distraction par rapport à ce sur quoi nous devons vraiment nous concentrer, à savoir la vaccination de nos enfants», avait également ajouté le Dr Peter Hotez, co-directeur du Centre de développement des vaccins de l’hôpital pour enfants du Texas.
Robert Kennedy Jr avait déjà fait polémique lors de la pandémie de Covid-19. Figure de proue du mouvement antivax, il avait diffusé de fausses informations et des théories complotistes à grande échelle.
Il avait également soutenu la théorie du lien entre la vaccination et l’autisme. Après avoir comparé les restrictions mises en place pendant la pandémie aux politiques de l’Allemagne nazie et à l’Holocauste, Robert Kennedy Jr avait été obligé de présenter ses excuses en janvier 2022.