le leader indépendantiste kanak Christian Tein autorisé par la cour d’appel de Paris à retourner dans l’archipel

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By InfoHunter



Mis en examen dans l’enquête sur les émeutes mortelles de mai 2024 en Nouvelle-Calédonie, le leader indépendantiste kanak Christian Tein, a été autorisé ce jeudi 16 octobre par la cour d’appel de Paris à retourner dans l’archipel près d’un an et demi après son arrestation et son transfert en métropole.

Un retour attendu. Ce jeudi 16 octobre, la cour d’appel de Paris a autorisé le leader indépendantiste kanak Christian Tein à retourner en Nouvelle-Calédonie, près d’un an et demi après son arrestation et son transfert vers la France métropolitaine.

Placé en détention en juin 2024, Christian Tein, 57 ans, avait pu sortir de prison un an plus tard. Fin septembre dernier, les juges d’instruction avaient assoupli son contrôle judiciaire, l’autorisant à rentrer dans l’archipel, mais le parquet avait fait appel.

Présent au délibéré, Christian Tein, qui avait décidé de rester en métropole jusqu’à l’examen de l’appel, n’a pas souhaité s’exprimer. «Nous sommes satisfaits et soulagés de la décision (qui) autorise Christian Tein à retrouver sa terre après près de 18 mois de privation», a réagi auprès de l’AFP Florian Medico, l’un de ses avocats avec Mes François Roux et Pierre Ortet.

Le parquet, lui, considérait qu’il fallait empêcher Christian Tein de quitter la métropole, pour les nécessités de l’enquête et par «mesure de sûreté», a rappelé à l’audience la représentante du ministère public, Christine Forey.

Président du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), «il est toujours leader au sein du mouvement» indépendantiste et «le contexte en Nouvelle-Calédonie apparaît très fragile», a-t-elle souligné.

Mis en examen pour son rôle dans les émeutes de 2024

Chef de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) lors de la crise du printemps 2024, Christian Tein reste mis en examen pour vols en bande organisée avec arme, destructions en bande organisée, et association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes et délits.

Après son interpellation, il avait été transféré immédiatement dans l’Hexagone avec six autres militants, à bord d’un avion spécialement affrété. De son côté, Christian Tein a toujours nié avoir appelé à commettre des violences.

«Vous avez en face de vous le président du mouvement de libération de la Nouvelle-Calédonie et peut-être le futur président de la Nouvelle-Calédonie», a tonné à l’audience Me François Roux, appelant au respect «du droit international» qui garantit «l’octroi de l’indépendance aux peuples colonisés».

Placé par l’Union calédonienne (composante du FLNKS) à la tête de la CCAT pour organiser la mobilisation contre une réforme électorale accusée de marginaliser la population autochtone kanak, Christian Tein a œuvré pour faire cesser des violences qui n’auraient «aucun sens politique» dans la perspective d’une indépendance, selon sa défense.

A l’époque, la Nouvelle-Calédonie était en proie à des violences en lien avec la réforme du corps électoral, au cours desquelles quatorze personnes, dont deux gendarmes, ont été tuées et des centaines d’autres blessées. Les dégâts matériels ont été estimés à au moins 2,2 milliards d’euros.

Côté politique, l’avenir de la Nouvelle-Calédonie reste suspendu au devenir de l’accord de Bougival, signé le 12 juillet entre l’État, les non-indépendantistes et des indépendantistes. Le FLNKS s’en est depuis retiré.

Le Sénat a approuvé ce mercredi, dans l’urgence, le report au printemps 2026 des élections provinciales prévues en novembre, première étape nécessaire à la mise en place de ce fragile accord sur l’avenir institutionnel de l’archipel.



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