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Le gouvernement Lecornu II échappe, de peu, à la censure. La motion déposée par La France insoumise a été rejetée à 18 voix près, jeudi 16 octobre, avant un rejet également de celle du Rassemblement national. « Au travail », a réagi le Premier ministre Sébastien Lecornu, interrogé par les médias alors qu’il quittait l’Assemblée nationale à pied en direction de Matignon, quelques minutes après le vote. « Vous voyez bien la gravité de la situation dans laquelle on est. Vous voyez bien que c’est difficile. Il fallait que les débats puissent démarrer. Ils vont démarrer », a insisté le chef du gouvernement. Suivez notre direct.
Yaël Braun-Pivet se dit « satisfaite ». « Je suis heureuse de voir qu’il y a une majorité de l’Assemblée nationale qui est dans cette dynamique de travail, de compromis (…). Je suis raisonnablement optimiste, il faut maintenant qu’on se retrousse tous nos manches pour qu’on y arrive », a réagi la présidente de l’Assemblée nationale.
La « non-censure » du PS n’est « en aucun cas un pacte ». « Nous ne nous engageons (…) pas à voter ou laisser passer le budget récessif et injuste que vos ministres nous ont présenté », a mis en garde Laurent Baumel, député socialiste d’Indre-et-Loire. Jean-Didier Berger, député LR des Hauts-de-Seine, a ensuite prévenu que son groupe « [ne pourra pas] accepter tout et n’importe quoi s’agissant de la réforme des retraites ».
Mathilde Panot appelle la gauche à ne pas « se résigner ». « Nous lançons un appel solennel à la résistance populaire et parlementaire pour résister à ce budget cruel », a clamé la députée insoumise, à l’issue du vote. Elle a appelé les sympathisants de gauche à ne pas se « résigner ».
Une ambiance tendue. La promesse de la suspension de la réforme des retraites « n’est qu’un leurre, une tromperie, un subterfuge », a dénoncé la députée insoumise Aurélie Trouvé, en lançant le débat. Marine Le Pen a dit attendre « la dissolution avec une impatience croissante ». Sébastien Lecornu a estimé qu’il s’agissait d’un « moment de vérité » entre « ordre républicain » et « désordre ». « Ne prenez pas en otage le budget de la nation et le budget de la Sécurité sociale », a-t-il imploré. Paul Christophe, président du groupe Horizons & indépendants, a dénoncé des motions de censure « mortifères et irresponsables ».
L’examen du budget va pouvoir débuter. Les débats autour du budget, dont le texte a été présenté en Conseil des ministres mardi, vont pouvoir commencer à l’Assemblée. La commission des Finances s’en emparera lundi, et il devrait arriver dans l’hémicycle vendredi. Sans recours au 49.3, que le Premier ministre s’est engagé à ne pas utiliser, la bataille entre une gauche désunie, un socle commun fracturé et l’extrême droite s’annonce dantesque, dans des délais très contraints.