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Ce direct est terminé.
Sa décision était très attendue. Emmanuel Macron a annoncé, vendredi 10 octobre, peu après 20 heures, le nom de son nouveau Premier ministre : il s’agit de Sébastien Lecornu, qui avait démissionné lundi matin face à la contestation de la composition de son gouvernement par Les Républicains. Dans la nuit de vendredi à samedi, l’entourage de Bruno Retailleau a confirmé à franceinfo ce que laissait entendre le président du parti ces derniers jours : il ne participera pas au nouveau gouvernement Lecornu.
En revanche, lors d’une visioconférence tardive, les députés LR se sont déclarés à la « quasi-unanimité » en faveur de leur maintien au sein du « socle commun », formé par le centre et la droite, et pour le soutien au gouvernement, selon plusieurs participants à franceinfo. La participation de LR au gouvernement sera débattue samedi matin lors de plusieurs visioconférences : l’une à 8h30 autour de Bruno Retailleau et les parlementaires LR, la deuxième lors d’un bureau politique, à 11 heures.
Les Ecologistes très proches de la censure. La nomination de Sébastien Lecornu a provoqué la colère immédiate des oppositions. « Je ne vois aucun argument pour ne pas le censurer », a réagi Marine Tondelier sur franceinfo. La patronne des Ecologistes affirme que son parti « va voir le discours de politique générale » de Sébastien Lecornu avant de se prononcer sur une éventuelle censure. De son côté, LFI évoque « une motion de censure immédiate ». C’est « un nouveau bras d’honneur aux Français », a dénoncé Manuel Bompard, coordinateur de LFI, sur X. « Nous proposons dès ce soir aux parlementaires de la gauche de l’hémicycle de signer une motion de censure immédiate et une nouvelle motion de destitution du président », affirme Mathilde Panot sur X.
Face à une « honte démocratique », le RN « censurera immédiatement ». « Le gouvernement Lecornu II, nommé par un Emmanuel Macron plus que jamais isolé et déconnecté à l’Elysée, est une mauvaise plaisanterie, une honte démocratique et une humiliation pour les Français. Le Rassemblement national censurera bien sûr immédiatement cet attelage sans aucun avenir, dont l’unique raison d’être est la peur de la dissolution, c’est-à-dire du peuple », affirme Jordan Bardella sur X. Le RN sera suivi par Eric Ciotti et ses troupes, alliées à l’Assemblée nationale.
Le PS dément tout accord avec Sébastien Lecornu. « Tout est sur la table, mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de deal » avec le Premier ministre, a expliqué à franceinfo un député socialiste par la seconde nomination de Sébastien Lecornu à Matignon. « Il n’y a aucun deal avec le PS. Nous n’avons aucune assurance ni garantie. Tout ça est de l’intox totale. Les temps politiques sont suffisamment graves pour ne pas raconter n’importe quoi sur commande », a assuré le groupe des députés socialistes auprès des journalistes, après des rumeurs faisant état d’un accord entre les socialistes et Sébastien Lecornu, pour permettre à ce dernier d’avoir un bail prolongé à Matignon.
Sébastien Lecornu « veut mettre un terme à la crise politique ». Sur France 2, mercredi soir, le chef du gouvernement démissionnaire avait affirmé que sa mission était « terminée » au terme de deux jours de consultations avec les partis. Deux jours plus tard, il a changé d’avis. « J’accepte – par devoir – la mission qui m’est confiée par le président de la République de tout faire pour donner un budget à la France pour la fin de l’année et de répondre aux problèmes de la vie quotidienne de nos compatriotes », a-t-il immédiatement déclaré sur X. Il affirme que « tous les dossiers évoqués » pendant les consultations seront « ouverts au débat parlementaire » et que le nouveau gouvernement « devra incarner le renouvellement ».
Une courte voie de passage pour l’Elysée ? Au préalable, le chef de l’Etat avait reçu les chefs des partis à l’Elysée, entre 14h30 et 17 heures, sauf ceux de La France insoumise et du Rassemblement national. Comme l’a confié son entourage à plusieurs médias, peu avant 19h30, le président de la République estime qu’il y a « un chemin possible » pour « tisser des compromis et éviter la dissolution ». Dans cette tâche, le président « donne carte blanche au Premier ministre », a affirmé l’entourage d’Emmanuel Macron après la nomination de Sébastien Lecornu.