
L’accusation a requis 12 ans de réclusion criminelle ce jeudi contre Husamettin Dogan, l’unique accusé ayant fait appel de sa condamnation dans le dossier des viols de Mazan, devant la cour d’assises du Gard.
Initialement condamné à 9 ans de prison pour «viols aggravés» dans l’affaire des procès de Mazan, Husamettin Dogan, un ancien ouvrier de 44 ans au parcours socioprofessionnel chaotique, a vu l’avocat général réclamer 12 ans de prison, ce jeudi, à l’occasion de son procès en appel, contre cet accusé qui «ne veut surtout pas assumer ses responsabilités».
«Le viol, c’est comme une petite mort qui est des plus sournoises. Qui est une destruction au compte à rebours et à ce titre la peine ne peut être qu’à hauteur de la gravité des faits de M. Dogan», a-t-il justifié, expliquant qu’il s’agissait d’un homme «totalement responsable de ses actes» qui «a dénié l’humanité de Gisèle Pelicot» et a «participé comme tous les autres à une œuvre de destruction massive d’une femme livrée en pâture».
20 ans de réclusion encourus
Tout au long de son réquisitoire, il a fustigé sa «position de dénégation de toute responsabilité», malgré les preuves, notamment des vidéos qui «font froid dans le dos». «Les actes sexuels commis sur personne endormie sont constitutifs du viol car la victime n’a pas été en mesure d’exprimer son consentement», a-t-il martelé, contredisant la défense de l’accusé qui estime qu’il n’avait «jamais eu l’intention» de violer Gisèle Pelicot car il pensait participer à un jeu libertin.
Un point balayé par l’avocat général qui a rappelé que «l’intention en droit, ce n’est pas le projet mais la commission de l’acte». «On ne peut pas en 2025 considérer que parce qu’elle n’a rien dit, elle était d’accord. Car là on se situe dans un mode de pensée d’un autre âge. C’est tout ce que vous exprimez depuis des années monsieur Dogan quand vous dîtes : « Son mari est d’accord »», a-t-il cinglé en direction de l’accusé.
Se tournant à nouveau vers Gisèle Pelicot, il a affirmé que «la honte, elle n’a pas encore changé de camp. La société, peut-être, est en train de le faire dans le cadre de cette conscience collective. Peut être pas par vous, vous n’êtes pas une icône comme vous dites, mais par l’exposition de ce dossier». Le verdict est attendu dans l’après-midi. L’accusé risque à nouveau la peine maximale de 20 ans de réclusion.