
La Bourse de Paris a enregistré une importante chute ce lundi 6 octobre, conséquence de la démission du Premier ministre, Sébastien Lecornu.
Un impact non négligeable. Après la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu dans la matinée de ce lundi 6 octobre, quelques heures seulement après avoir présenté une partie de son gouvernement, la Bourse de Paris a terminé en nette baisse de 1,36 %. En effet, l’indice phare CAC 40 a perdu 109,76 points pour terminer à 7.971,78 points.
«Les inquiétudes grandissent»
Moins de 24 heures après avoir dévoilé les membres de son gouvernement, immédiatement contesté, le locataire de Matignon a remis sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a acceptée.
«Les inquiétudes grandissent quant à la nature précaire du système politique français alors que le pays est à nouveau à la recherche d’un nouveau Premier ministre», a déclaré Danni Hewson, responsable de l’analyse financière chez AJ Bell, a l’AFP.
Selon lui, «la grande question est de savoir ce qui va se passer ensuite, car après cinq Premiers ministres en deux ans, trouver une solution viable – même temporaire – est devenu de plus en plus difficile».
Alors que le CAC 40 a progressé de 8,01 % depuis le début de l’année, le Dax de Francfort a gagné 22,45 % sur la même période, et le FTSE 100 à Londres enchaîne les records en séance, avec une hausse de 15,98 % depuis janvier 2025.
Les établissements bancaires, premières victimes de la crise politique
Les banques figurent notamment parmi les actions les plus touchées par la crise politique française. En effet, Société Générale a chuté de 4,23 % à 54,32 euros, Crédit Agricole a reculé de 3,43 % à 16,34 euros et BNP Paribas a perdu 3,21 % à 75,50 euros.
«Les détenteurs d’une bonne partie de la dette française sont les banques françaises», a expliqué Philippe Cohen, gérant de portefeuilles chez Kiplink.
Les cours des banques françaises, très réactives au coût de la dette nationale, ont souffert de la hausse brutale du taux d’intérêt français à dix ans, passé de 3,51 % vendredi en clôture à 3,61 % juste après la démission de Sébastien Lecornu, avant de finir à 3,57 % à la clôture ce lundi soir.
En comparaison, le taux allemand à dix ans a terminé à 2,72 %, restant stable par rapport à vendredi (2,70 %).
La différence entre les taux d’emprunt de la France et de l’Allemagne à 10 ans sur les marchés, dit le «spread», atteint désormais 0,85 point de pourcentage. Avant la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron en juin 2024, cet écart était d’environ 0,50 point.