2 morts, suspects en fuite, renforts de CRS… Ce que l’on sait de la fusillade aux Moulins

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By InfoHunter



Le quartier des Moulins à Nice a été le théâtre d’une fusillade attribuée au narcotrafic, qui a fait deux morts et cinq blessés. Pour l’heure, l’enquête a permis de retrouver un véhicule suspect mais pas les auteurs des tirs.

Une fusillade a éclaté vendredi soir aux Moulins, un quartier sensible de Nice (Alpes-Maritimes), faisant deux morts et cinq blessés. Le périmètre a été sécurisé et les auteurs, qui ont pris la fuite, sont encore recherchés. Une cellule psychologique a par ailleurs été mise en place pour les habitants de ce quartier régulièrement marqué par des violences.

Deux morts, cinq blessés et les auteurs en fuite

Deux personnes, nées en 1966 et 2005 d’après le parquet, ont été tuées au cours de cette fusillade qui a également fait cinq blessés dont deux graves. Ces derniers sont nés en 1980, 1995, 2002, 2008 et 2011, et leur pronostic vital n’est plus engagé à l’heure actuelle.

Une enquête pour homicides volontaires en bande organisée et tentatives d’homicide volontaire en bande organisée a été ouverte et confiée à la police judiciaire des Alpes-Maritimes.

Les premiers éléments indiquent qu’un véhicule Peugeot 3.008 occupé par plusieurs personnes s’est arrêté au niveau de la place des Amaryllis, vendredi, vers 21h10. Un ou plusieurs de ses occupants a ouvert le feu «sur les personnes présentes à proximité du point de vente de produits stupéfiants», indique le parquet.

«Si ces faits semblent d’évidence» en lien avec le narcotrafic, «plusieurs des victimes apparaissent sans lien avec celui-ci, les tirs ayant pu viser indistinctement les personnes présentes», a précisé le procureur de Nice, Damien Martinelli, dans un communiqué.

25 douilles de calibre 7-62 mm «correspondant au fusil d’assaut Kalachnikov» et cinq douilles de calibre 9 mm ont été retrouvées sur les lieux. Pour l’heure, on ne sait pas si ces dernières proviennent également d’une arme utilisée par les assaillants ou s’il s’agit d’un tir de riposte.

Un véhicule pouvant correspondre à celui utilisé par les suspects a été retrouvé calciné à Mougins, à 25 km de Nice. Présentant une fausse plaque d’immatriculation, il avait été volé à Marseille le 30 septembre dernier.

Un lien avec le narcotrafic

Le procureur Damien Martinelli a indiqué que cette fusillade était «très vraisemblablement» liée au narcotrafic. Le maire de la ville, Christian Estrosi, a lui aussi décrit les faits comme «une incursion sur fond de narco-banditisme» qui «a entraîné des tirs à l’arme automatique».

Le quartier des Moulins, situé dans l’ouest de Nice, est régulièrement le théâtre d’affrontements pour le contrôle de points de deal. Selon le préfet, trois d’entre eux avaient été démantelés ces derniers jours dans cette zone. 

Il a également affirmé que près de 300 personnes avaient été incarcérées depuis six mois en lien avec les trafics de stupéfiants aux Moulins et à l’Ariane, un autre quartier sensible dans le nord-est de Nice.

Mercredi, un jeune homme avait déjà été blessé à une jambe par des tirs aux Moulins. En juillet 2024, sept personnes d’une même famille, dont trois enfants et un adolescent, avaient péri dans un incendie criminel visant un autre étage sur fond de trafic de drogues dans l’un des immeubles du quartier.

Les CRS appelés en renfort

Ce samedi, au lendemain de la fusillade, une soixantaine de CRS ont été appelés en renfort. Selon la préfecture, un dispositif de sécurisation «de plus de 100 agents (CRS, BAC…)» a été déployé, avec des «effectifs mobilisés en continu tous les jours et toutes les nuits».

Une cellule d’urgence médico-psychologique a également été mise en place pour les 8.000 habitants des Moulins.

Le quartier des Moulins

Réagissant à la fusillade, Christian Estrosi a fustigé un «désintérêt de l’Etat pour cette cité des Moulins». Evoquant les efforts et les investissements de Nice en matière de police municipale et de vidéosurveillance, il a insisté : «Ça n’est pas une raison pour nous envoyer moins d’effectifs» de police nationale ou de magistrats.

Le préfet s’est défendu de toute inaction, évoquant les récentes interpellations en matière de narcotrafic, et assurant que deux millions d’euros sont consacrés chaque année aux Moulins au travers de dispositifs d’accompagnement éducatif ou d’accès aux droits et services publics. 75 millions d’euros ont aussi selon lui été investis au titre du nouveau programme national de renouvellement urbain.

Les réactions politiques

En tant que maire de Nice, Christian Estrosi a évidemment vivement réagi à la fusillade survenue vendredi soir. Sur X, il a publié plusieurs tweets, demandant à l’Etat «de réagir fermement et dans la durée et ne pas nous envoyer des renforts qu’ils nous enlèverons demain».

Le président de l’Union des Droites pour la République (UDR) et député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, s’est rendu à Nice ce samedi. Sur CNEWS, il a déploré une «dégradation permanente» de la situation. «La violence gagne Nice et aujourd’hui l’enjeu c’est de dire que nous ne voulons pas que Nice ressemble à Marseille», a-t-il déclaré.





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