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Dans son jardin normand, Marie-Catherine Lemoine crée des tableaux colorés à chaque saison. Comme elle, de nombreux Français redécouvrent le plaisir de jardiner, entre fleurs rares, boutures échangées et variétés exotiques, transformant leur extérieur en un véritable terrain de créativité et de passion.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Dans le jardin normand d’une passionnée de jardinage, l’automne réserve souvent de belles surprises : des fleurs multicolores teintées de violet ou de rose, et des feuillages d’un rouge flamboyant. Des associations de couleurs savamment imaginées par Marie-Catherine Lemoine.
La retraitée n’a pas toujours eu la main verte. Au départ, elle n’y connaissait absolument rien. Mais son jardin lui semblait trop vide lorsqu’elle a acheté sa maison il y a 38 ans. Elle raconte :« La nature ayant horreur du vide, on a commencé à planter. Par exemple, dans le massif le gros arbuste vert, c’est un camélia, qui fleurit en février, mars. Vous avez des rhododendrons, on a un ou deux rosiers. La perspective évolue, donc on n’a jamais le même tableau, on ne s’en lasse pas. »
Comme Marie-Catherine, 7 Français sur 10 possèdent un jardin. Beaucoup l’ont réinvesti depuis la Covid, et dans une pépinière du Calvados, les ventes ont doublé depuis la pandémie. Pour les clients, il y avait urgence à renouer avec la nature. Sébastien Ramette, commercialise 5 000 variétés de plantes différentes, 80 % sont produites localement, même les plus exotiques. Aux commandes de l’entreprise depuis 30 ans, il a vu la demande évoluer. Il explique : « Par exemple, nous avons une variété de cordyline panachée. Il y a 20 ans, on ne produisait pas ces plantes. La variété a été découverte en Nouvelle-Zélande. Donc c’est graphique, peu d’entretien, pas de feuilles qui tombent. Ça plaît aux clients. On plante, on regarde le végétal pousser, il n’y a que ça à faire. »
À quelques kilomètres de là, José Leprêtre ne cherche pas la simplicité. Ce passionné produit ses propres boutures pour les échanger avec d’autres jardiniers. C’est, selon lui, le meilleur moyen de trouver les variétés les plus rares, comme des plantes aux feuilles bicolores : « Quand nous sommes collectionneurs, nous aimons bien avoir des nouveautés et des plantes que les autres n’ont pas. »
Il a même découvert dans son jardin une nouvelle variété hybride : un fuchsia qu’il a appelé « Happy Birthday ». Brevetée, la plante rapporte un peu d’argent : 4 euros l’année dernière. Un gain dérisoire, mais il garde espoir : « Il y a des eucalyptus qui sont protégés, qui rapportent 25 000 euros par an à leur obtenteur. »
Et si un jour il décroche le gros lot, il le réinvestira, bien sûr, dans son jardin.