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La condamnation de l’ancien président Nicolas Sarkozy, qui ira malgré son appel en prison, fait l’effet d’une déflagration en France comme à l’étranger. Une décision inédite qui divise la classe politique autant que les Français.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
La condamnation inédite d’un ancien président. La nouvelle continue de faire parler à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ce vendredi matin, où le jugement prononcé contre Nicolas Sarkozy habite les esprits d’un couple : « Je ne sais pas si toutes les preuves sont établies. Mais si oui, il faut que la justice s’applique », estime le mari. L’épouse, elle, pense à l’incarcération de l’ex-chef de l’État : « Il sera, je pense, dans un endroit plutôt privilégié de la prison. Pourquoi pas, il a été chef de l’État, mais il y sera, voilà », assure-t-elle.
Un entrepreneur estime, lui, que la peine est peu étayée et donc sévère : « Je trouve qu’il manquait des preuves, je pense. Et cinq ans enfermé, je trouve que c’est dur », confie-t-il. À Neuilly, ville dont Nicolas Sarkozy fut maire, la majeure partie des personnes rencontrées ne comprend pas ce jugement. « Les OQTF, ils sont dehors, les multirécidivistes, tout ça. Un président de la République où il n’y a pas de preuves, normalement, il ne doit pas aller en prison », affirme un riverain interrogé.
Une déflagration politique qui a traversé les frontières et fait les gros titres des journaux télévisés étrangers. La classe politique française, déjà fragilisée, est heurtée de plein fouet. Marine Le Pen, elle-même condamnée par la justice, et la droite, volent au secours de l’ancien président et critiquent les juges.
« Ils veulent probablement être ceux qui ont mis l’ancien président de la République en prison. Voilà, c’est une forme d’hubris, quoi qu’on en dise, parce qu’il n’y a rien qui justifie sur le plan du droit », a déclaré la cheffe de file du Rassemblement national sur LCI jeudi soir.« Il y a une décision incohérente, humiliante, qui nous choque tous, que l’on ait voté pour, soutenu ou non Nicolas Sarkozy », estime pour sa part Geoffroy Didier, vice-président des Républicains.
Quand d’autres, même à gauche, expriment plus en nuances un certain embarras. « La justice donne son sentiment, elle fait ses choix, elle donne ses jugements, on les respecte, mais il y a assurément quelque chose qui, en France, crée un profond malaise », juge Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, sur franceinfo ce matin.
Certains soutiens de Nicolas Sarkozy en appellent désormais à Emmanuel Macron pour une grâce présidentielle.